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Etats-Unis / Guatemala

La syphilis inoculée à des cobayes au Guatemala: procès en vue aux Etats-Unis

Le groupe pharmaceutique Bristol Myers Squibb, la fondation Rockefeller et l'université Johns-Hopkins sont dans le collimateur de la justice américaine pour avoir inoculé la syphilis à des cobayes humains au Guatemala dans les années 40.
Le groupe pharmaceutique Bristol Myers Squibb, la fondation Rockefeller et l'université Johns-Hopkins sont dans le collimateur de la justice américaine pour avoir inoculé la syphilis à des cobayes humains au Guatemala dans les années 40. AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Un juge fédéral américain a autorisé vendredi 4 janvier une plainte contre la firme pharmaceutique Bristol-Myers Squibb, l'université Johns-Hopkins et la fondation Rockefeller pour leur participation dans les années 1940 à un programme expérimental mené par les Etats-Unis au Guatemala. Il consistait à inoculer la syphilis pour vérifier l’efficacité de la pénicilline sur les maladies sexuellement transmissibles. Des centaines de personnes ont été contaminées.

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Les accusés seront jugés, ainsi en a décidé la justice américaine qui donne suite à la plainte des victimes et de leurs familles. Celles-ci réclament au total un milliard de dollars de dédommagements, a indiqué le juge fédéral américain Theodore Chuang. Les victimes assurent qu'elles n'avaient pas donné leur consentement pour subir ces expérimentations destinées à vérifier si la pénicilline pouvait prévenir les maladies sexuellement transmissibles.

Le juge Theodore Chuang a rejeté l'argument des accusés selon lequel ils pouvaient bénéficier d'une récente décision de la Cour suprême qui a jugé le 24 avril dernier que les entreprises étrangères ne pouvaient pas être poursuivies aux Etats-Unis pour des cas de violations des droits de l'homme commises à l'étranger. Selon la défense, cette décision s'applique aussi aux entreprises américaines en l'absence d'autorisation du Congrès à des poursuites.

Des soldats, des prostitués, des handicapés et des orphelins

L'expérimentation réalisée dans les années 1940 et 1950 a été révélée par le médecin Susan Reverby, professeur à Wellesley College aux Etats-Unis. Elle a pris connaissance des faits en étudiant des notes de John Charles Cutler, un expert en maladies sexuelles décédé en 2003, et qui a dirigé l'expérimentation incriminée, rapporte l'agence Reuters.

John Charles Cutler et ses collègues chercheurs ont fait participer à cette expérimentation des soldats, des handicapés mentaux, des prostitués, des détenus de droit commun mais aussi des orphelins. Ils ont donc inoculé le virus à près de 700 hommes, femmes et enfants, avec l'accord du gouvernement et des institutions (prison, armée,hôpital ou orphelinat) qui les accueillaient, mais pas des cobayes eux-mêmes. Les personnes infectées ont reçu de la pénicilline mais certaines ont développé la maladie.

L'ancien président américain Barack Obama avait présenté ses excuses en 2010, lorsque l'affaire avait été rendue publique par Susan Reverby. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton et la ministre de la Santé, Kathleen Sebelius, s'étaient elles exprimées dans un communiqué commun. « Nous regrettons profondément ce qui s'est passé, et nous nous excusons auprès de tous les individus qui ont été affectés par ces pratiques de recherche scientifique odieuses. Cette conduite ne représente ni les valeurs des Etats-Unis, ni notre engagement pour la dignité humaine ou notre grand respect pour le peuple du Guatemala .»

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