Colombie

Après l'attentat de Bogota, les Colombiens manifestent contre le terrorisme

Des Colombiens se rassemblent pour honorer la mémoire des victimes de l'attentat de Bogota, le 18 janvier 2019 dans la capitale.
Des Colombiens se rassemblent pour honorer la mémoire des victimes de l'attentat de Bogota, le 18 janvier 2019 dans la capitale. REUTERS/Luisa Gonzalez

Les Colombiens manifestent ce dimanche 20 janvier contre le terrorisme, trois jours après l'attentat à la voiture piégée qui a coûté la mort à vingt personnes dans les installations de l'école de police à Bogota. Les autorités accusent la guérilla de l'ELN. Vendredi, le président Ivan Duque avait enterré les négociations avec cette organisation armée.

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Avec notre correspondante à Bogota, Marie-Eve Detoeuf

Avec le mot-dièse #UnidosContraElTerrorismo, l'appel à manifester a circulé sur les réseaux sociaux dès jeudi. La mairie de Bogota l’a diffusé et fixé la date. Le président Ivan Duque a rapidement informé, sur son compte Twitter qu'il serait dans la rue, avec son épouse.

Refus de la violence

De la droite dure à la gauche, toutes les personnalités politiques ont fait savoir qu'elles y seraient aussi, pour manifester leur refus de la violence et leur solidarité avec les familles des jeunes policiers tués. La droite dure, qui approuve la rupture des négociations de paix, entend profiter de l'occasion pour manifester son appui au chef de l'Etat. Elle réclame une politique sécuritaire musclée.

Au centre et à gauche, les partisans de la paix négociée se retrouvent en porte à faux. Une partie de leur base n'ira pas manifester aux côtés de la droite et de son leader, l'ancien président Alvaro Uribe. Ceux qui le feront entendent bien manifester contre toutes les formes de violence.

En deux ans, plus de quatre cents élus locaux ou activistes, militants écologistes ou défenseurs des droits de l'homme ont été assassinés. Les manifestants dimanche le rappelleront aussi.

Echanges avec Cuba

Les autorités colombiennes attribuent l’attentat de Bogota à la guérilla de l'ELN, avec laquelle des pourparlers de paix étaient pourtant engagés par l'intermédiaire de Cuba, bien qu'au point mort depuis août 2018.

Ce vendredi, le président Duque a réactivé les mandats d'arrêt visant les négociateurs de l'ELN à La Havane. Cuba a réagi en assurant qu'il respecterait les engagements pris avant l'arrivée de Duque au pouvoir. Une réponse qui ne convient pas au président colombien.

« Je voudrais clarifier les choses et adresser un rappel au gouvernement cubain : ce qui s'est produit cette semaine n'est en rien un désaccord entre les deux parties... Ce n'est pas la rupture d'un dialogue parce que nous n'avons pas participé au dialogue, justement parce que nous attendions que l'ELN libère les otages et mette un terme aux attaques terroristes. Ce qui s'est passé ne traduit pas un désaccord. C'est un acte criminel en violation des droits de l'homme et aucun acte de cette nature ne mérite une procédure qui empêcherait que justice soit faite. Voilà pourquoi nous demandons au gouvernement cubain qu'il nous livre ces criminels afin que justice soit faite. »

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