Equateur / Migrations internationales

Equateur: escalade de violence xénophobe contre les migrants vénézuéliens

Une file de migrants vénézuéliens sur le pont Rumichaca, à la frontière avec l'Equateur, le 18 août 2018.
Une file de migrants vénézuéliens sur le pont Rumichaca, à la frontière avec l'Equateur, le 18 août 2018. REUTERS/Luisa Gonzalez/File Photo

La xénophobie anti-migrants vénézuéliens a franchi un nouveau cap cette fin de semaine en Equateur. Un nouveau cas de féminicide a en effet embrasé les rues de la petite ville d’Ibarra, normalement tranquille. L’assassinat samedi soir en pleine rue d’une femme enceinte, déjà mère de deux enfants par son compagnon vénézuélien a provoqué des scènes de chasse à l’homme.

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Avec notre correspondant à Quito, Eric Samson

Le ministère équatorien de l’Intérieur a dû envoyer des renforts d’urgence ainsi que des unités des Forces spéciales de la police à Ibarra. Le calme en effet n’est toujours pas revenu. Il faut dire que l’assassinat de Diana Ramírez a marqué les esprits dans cette ville étape entre la frontière équato-colombienne et la capitale Quito.

La jeune femme a été maintenue en otage pendant 1h30 en pleine rue, sous les yeux des passants et de policiers que la population accuse de n’avoir rien fait pour éviter le crime. Elle a ensuite été poignardée par son conjoint qui a échappé de très peu au lynchage.

Dès dimanche, une caravane de voitures particulières et de taxis a parcouru la ville, les carrefours, les refuges et les parcs où les migrants vénézuéliens ont coutume de travailler, de demander l’aumône ou de dormir. Souvent en présence de leurs enfants, ils ont été insultés, frappés, leurs maigres biens brûlés dans la rue pour les obliger à repartir.

Le gouvernement a immédiatement durci les conditions d’entrée dans le pays. Il exige des migrants vénézuéliens la présentation d’une copie certifiée de leur casier judiciaire, un document difficile à obtenir au Venezuela.

Malgré les critiques des organismes de défense des droits de l’homme, le président Lenin Moreno a annoncé la formation de brigades pour contrôler dans la rue la situation légale des migrants vénézuéliens.

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