Venezuela

[Reportage] Jour J pour l’opposition au Venezuela

Des manifestants s'opposent à la garde nationale du Venezuela, le 21 janvier à Caracas.
Des manifestants s'opposent à la garde nationale du Venezuela, le 21 janvier à Caracas. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Au Venezuela, plusieurs dizaines de manifestations doivent avoir lieu mercredi 23 janvier un peu partout dans le pays à l’appel du président de l’Assemblée nationale, Juan Guaido. Des manifestations contre le président Nicolas Maduro, jugé illégitime par l’opposition et une partie de la communauté internationale. Mais après les dernières manifestations de 2017 qui ont fait 125 morts, les Vénézuéliens sont-ils encore prêts à sortir dans la rue ?

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Avec notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille

Dans un café de Chacao, un quartier réputé à l’opposition, la mobilisation du 23 janvier est au centre des discussions. Mais les avis sont partagés. Juan, par exemple, était de toutes les manifestations en 2014 et en 2017. « Le 23 janvier, je vais rester chez moi, confie-t-il. Parce que la répression du gouvernement contre les manifestants, contre ceux qui seront dans la rue, ils l’ont dit, sera sévère. Donc je préfère ne pas prendre de risque. »

Comme Juan, de nombreux Vénézuéliens ont été traumatisés par les 125 morts d’il y a deux ans. Mais le cinquantenaire pourrait changer d’avis si, cette année, les classes populaires se mobilisaient enfin aux côtés de l’opposition. Michelle, 24 ans, y croit dur comme fer car, selon elle, l’opposition s’est enfin dotée d’un vrai leader : « Ce Guaido, il a démontré qu’on peut lui faire confiance et beaucoup de monde le soutient. Donc, maintenant à nous d’apporter notre grain de sable en sortant dans la rue. »

La jeune femme estime qu’il faut profiter de la dynamique actuelle pour enfin changer les choses. « Le moment est venu. Je pense que si on ne sort pas maintenant, on ne le fera jamais et le gouvernement va rester encore six ans, témoigne-t-elle. Et avec cette situation, moi, je ne reste pas six ans de plus dans ce pays. Donc pour moi, c’est la dernière tentative, on verra ce qui se passe, et si ça ne marche pas, je préfère m’en aller. »

Un choix qu’ont déjà fait plus de deux millions de Vénézuéliens depuis 2015. Reste à savoir si leur absence se fera sentir dans les cortèges ce mercredi.

C'est une date qui est fêtée depuis 1958 lors de la chute du dernier dictateur au Venezuela...

Analyse de Pedro José Garcia Sanchez, sociologue, professeur à l'université de Nanterre

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