Venezuela

Maduro se dit «prêt» à rencontrer Guaido, qui refuse un «faux dialogue»

Le chef de l'Etat vénézuélien Nicolas Maduro, lors d'une ocnférence de presse à Caracas, le 25 janvier 2019.
Le chef de l'Etat vénézuélien Nicolas Maduro, lors d'une ocnférence de presse à Caracas, le 25 janvier 2019. REUTERS/Manaure Quintero

La tension monte au Venezuela depuis que le président du Parlement, Juan Guaido, s’est autoproclamé mercredi 23 janvier « président » par intérim du pays, face à Nicolas Maduro. Après la reconnaissance du chef de l’opposition par plusieurs Etats, dont Washington, le président en place s’est dit vendredi 25 janvier prêt à rencontrer M. Guaido pour nouer un « dialogue national ». Mais ce dernier a annoncé qu’il ne participerait pas à un « faux dialogue ».

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Lors d’une conférence de presse, le chef de l'Etat vénézuélien Nicolas Maduro s'est dit prêt ce vendredi à rencontrer le chef de l'opposition parlementaire Juan Guaido. « Je m'engage en faveur d'un dialogue national. Aujourd'hui, demain, toujours (...), je serai prêt à aller où il faut aller. Personnellement, si je dois aller voir ce garçon (...) j'y vais », a déclaré Nicolas Maduro en faisant référence à Juan Guaido.

Mais ce dernier, âgé de 35 ans, a rejeté l’offre, affirmant qu'il ne participerait à aucun « faux dialogue » avec le gouvernement. « La répression, quand elle ne donne pas de résultat, se transforme en un faux dialogue », a déclaré l'opposant, qui a passé les deux derniers jours dans un endroit tenu secret à Caracas.

Guaido appelle à une «grande mobilisation» la semaine prochaine

Devant des centaines de partisans à sur une place de Chacao, un quartier de l'est de Caracas, dans ce qui a été sa première apparition publique depuis son autoproclamation comme « président en exercice ». Il a appelé les opposants à une nouvelle « grande mobilisation » la semaine prochaine, sans pour autant préciser la date, rapporte notre correspondant Benjamin Delille.

Pour ce week-end, il veut que les Vénézuéliens forment des petites assemblées populaires, dans toutes les villes, sur toutes les places publiques, pour communiquer sur la feuille de route de l’opposition. C’est-à-dire, « la fin de l’usurpation, la création d’un gouvernement de transition, et la convocation d’élections libres ». Il souhaite que chacun de ses partisans imprime la loi d’amnistie pour les fonctionnaires et les militaires afin que tout le monde en comprenne le contenu.

Il a renouvelé son appel aux militaires. Il leur a demandé de se ranger du côté de la Constitution en refusant la légimité de Nicolas Maduro.

Devant ses partisans, Juan Guaido a également fait d’autres annonces, notamment qu’il aurait réuni 20 millions de dollars pour l’ouverture d’un « canal humanitaire » au Venezuela. Une nouvelle qui a été accuillie par des cris de joie de la foule. Pour les Vénézuéliens, cela va permettre de les aider dans la grave crise économique que traverse le pays, notamment à cause des pénuries de nourriture et de médicaments, rapporte notre correspondant.

Il a aussi annoncé la réouverture d’une chaîne de télévision Radio Caracas de television (RCTV), marquée à l’opposition, qui avait été fermée par le gouvernement.

Le Mexique a proposé d'accueillir une réunion entre Maduro et Guaido

Le Mexique, un des rares pays d'Amérique latine n'ayant pas reconnu Juan Guaido, a proposé d'accueillir les deux protagonistes de la crise pour entamer des discussions. « Si les parties le demandent, nous sommes les mieux placés pour les aider afin qu'il y ait un dialogue », a déclaré le président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador.

Les possibles moyens de pression américains sur Maduro

L’administration américaine continue à mettre le gouvernement de Nicolas Maduro sous pression avec plusieurs moyens, notamment avec l’Organisation des Etats américains (OEA), et le Conseil de sécurité de l’ONU. Washington avait déjà reconnu Juan Guaido comme « président par intérim ». Mais Washington dispose d’autres moyens très efficaces, non-militaires.

Selon la Maison Blanche, toutes les options sont sur la table, même si une intervention militaire américaine au Venezuela pour chasser le régime chaviste du palais présidentiel n'est pour l'instant pas probable. L'option d'une invasion pour des raisons humanitaires n'a pas non plus les faveurs de Washington.

Dans les deux hypothèses, les soldats américains seraient de facto des occupants et des affrontements avec l'armée vénézuélienne ou les milices bolivariennes seraient donc inévitables.

Les États-Unis disposent de moyens qui apparaissent aujourd'hui bien plus efficaces pour mettre la pression sur Nicolas Maduro et son gouvernement que le recours à la force militaire. L'administration Trump pourrait notamment enquêter sur les comptes bancaires et actifs vénézuéliens aux États-Unis et les geler.

Toutefois, l'arme américaine la plus redoutable reste le pétrole : les États-Unis achètent en effet un tiers de la production pétrolière du Venezuela. En 2018, ces importations représentaient en moyenne 58 000 barils de brut par jour. Mais de nombreux experts mettent en garde contre des sanctions pétrolières. Cette option frapperait de plein fouet une population vénézuélienne déjà aux abois.

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