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Brésil

[Reportage] Brésil: Brumadinho panse ses plaies après la rupture d'un barrage

Des secouristes transportent un corps retrouvé le 27 janvier 2019, après la rupture d'un barrage à Brumadinho.
Des secouristes transportent un corps retrouvé le 27 janvier 2019, après la rupture d'un barrage à Brumadinho. REUTERS/Adriano Machado
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La petite ville de Brumadinho, dans le sud-est du Brésil, est encore en état de choc, trois jours après la rupture du barrage d’une mine. Le dernier bilan toujours provisoire communiqué dimanche soir par les autorités brésiliennes est de 58 morts, dont seulement 19 ont été identifiés, et 305 disparus. Il y a 192 rescapés. Les habitants sont traumatisés. Les recherches ont repris dimanche 27 janvier dans l'après-midi.

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Avec notre envoyé spécial à Brumadinho, Martin Bernard

Trois jours après la tragédie, les secouristes sont toujours déployés sur toute la région, appuyés par des hélicoptères.

L'espoir de retrouver des survivants s’amenuise à mesure que le temps passe, mais ces équipes de sauveteurs vont recevoir le renfort de spécialistes israéliens, qui viennent d’arriver à Belo Horizonte, la grande ville à une cinquantaine de kilomètres.

La population est toujours en état de choc. Les recherches des victimes ont été relancées ce dimanche dans l'après-midi. Elles avaient été suspendues en raison du risque de rupture d’un autre barrage. Une fausse alerte.

Mais vendredi, avant la catastrophe, aucune alarme n’avait retenti. Les familles des disparus continuent d’affluer vers un centre d’assistance où elles peuvent demander des informations et rencontrer des psychologues.

Partout où l’on va à Brumadinho, on rencontre des gens qui ont été affectés directement par la catastrophe, ou qui connaissent quelqu’un qui a perdu un des ses proches.

Des gens qui sont à la fois consternés et révoltés par ces tragédies à répétition, puisque dans cette région, le même type d’accident avait déjà fait 19 morts il y a trois ans... Comme si les leçons de cette première tragédie n’avaient pas été tirés.

Elcilain a perdu sa nièce de 17 ans, qui venait juste de commencer un stage dans une auberge complètement ensevelie par le torrent de boue.

« On se sent complètement détruit, confie la jeune femme. Dans la ville entière, tout le monde connaît quelqu’un, un proche qui a été atteint. Dans les quartiers, on voit des gens en larmes partout. On n’arrive pas encore à y croire. »

Edimar, lui, a travaillé pendant longtemps à la mine, jusqu’à l’an dernier. « J’ai travaillé directement sur ce barrage et jamais on aurait pu imaginer que quelque chose comme ça pourrait se passer », dit-il.

Plusieurs de ses anciens collègues ont péri. A Brumadinho, chacun exprime sa douleur, avec la certitude que plus rien ne sera jamais comme avant.

Quel dispositif a été mis en place à Brumadino ?

Il y a plusieurs centres de regroupement et d’entraide dans la ville. Par exemple, un énorme complexe sportif a été tranformé en centre d’accueil pour les familles de disparus - on y voit la détresse de tous ceux qui sont à la recherche d’un proche, et qui sont pris en charge par des psychologues.

Un père cherche des nouvelles de sa fille de 17 ans, elle avait juste commencé un stage dans une auberge, un établissement qui a été complètement dévasté.

Un couple venu de Sao Paulo, à plus de 500 km, tente de savoir ce qui est arrivé à cinq membres de sa famille qui étaient logés dans cette même auberge.

Brumadinho est une bourgade de la province profonde, dans l’Etat de Minas Gerais (« les mines générales »).

Sur place, il y a des mines partout, et des centaines de barrages miniers. C’est une ville qui est totalement dépendante de l’activité minière.

Et puis, on voit également les dégats en terme d’environnement. De ce point de vue, la ville est aussi gravement touchée, puisque la rivière qui la parcourt a été atteinte par la coulée de boue. L'eau est littéralement rougeâtre, et les poissons meurent. Donc, plus de pêche.

Beaucoup de paysans ne peuvent plus cultiver leurs terres non plus, un drame qui va avoir beaucoup de répercussions. D’autant que la coulée de boue poursuit son chemin en direction du fleuve Sao Francisco, un cours d’eau très important au Brésil.

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