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Brésil

Brésil: la compagnie minière Vale lance l'alerte au sujet d'un second barrage

La zone sinistrée de Brumadinho, au Brésil, de nouveau en alerte ce dimanche 27 janvier.
La zone sinistrée de Brumadinho, au Brésil, de nouveau en alerte ce dimanche 27 janvier. Isac Nobrega/Presidency Brazil/Handout via Reuters
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Alors que les secours brésiliens ont suspendu, la nuit dernière, leurs recherches de survivants, après la coulée de boue provoquée par la rupture d'un barrage du géant Vale, la compagnie minière a indiqué ce dimanche 27 janvier avoir actionné les alarmes après la détection d'une « hausse des niveaux de l'eau » dans un autre de ses barrages à Brumadinho. Les pompiers ont lancé l'évacuation des villages voisins. Le dernier bilan provisoire de la rupture du barrage près de Brumadinho était ce dimanche soir 27 janvier de 58 morts et 305 disparus.

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La petite bourgade de Brumadino s’est encore réveillée la peur au ventre, rapporte notre envoyé spécial, Martin Bernard. A 5h du matin, des sirènes ont alerté la population du risque de la rupture d’un nouveau barrage. Plusieurs hameaux ont été évacués et 350 habitants regroupés en amont du barrage.

De nombreux centres d’appui pour les parents des victimes ont été installés dans la ville, cernée par les mines. Certains habitants parlent à demi-mot, car ils ont peur d’éventuelles représailles de l’entreprise minière Vale, qui est le premier employeur de la région.

Vale a été désignée par le gouvernement comme la grande responsable de la tragédie.

Pour aider les secouristes, Israël a acheminé du matériel de haute technologie et des spécialistes, afin de pouvoir retrouver des corps ensevelis sous la boue, comme par exemple des ouvriers dont l’autocar a été englouti.

Des habitants de la communauté de Parque das Cachoeiras assistent à une mission de sauvetage dans la zone boueuse, après la rupture du barrage minier du géant minier Vale le 25 janvier 2019.
Des habitants de la communauté de Parque das Cachoeiras assistent à une mission de sauvetage dans la zone boueuse, après la rupture du barrage minier du géant minier Vale le 25 janvier 2019. Mauro Pimentel / AFP

Un second barrage menace de céder

« Attention, évacuation générale de la zone, cherchez à gagner les lieux les plus élevés de la ville. Evacuation d'urgence », pouvait-on entendre hurler les haut-parleurs des pompiers de Brumadinho dès potron-minet ce dimanche, réveillant les quelque 39 000 habitants de la localité de l'Etat du Minas Gerais et de la microrégion de Belo Horizonte, dans le sud-est du Brésil.

Dans cette ville déjà particulièrement endeuillée, alors que des centaines d'habitants de la zone sont toujours portés disparus deux jours après la rupture d'un premier barrage et la coulée de boue provoquée dans la foulée, l'entreprise minière Vale tire la sonnette d'alarme. La compagnie a indiqué par communiqué avoir « détecté une hausse des niveaux de l'eau dans le barrage VI ».

« Toute notre attention se porte sur l'évacuation »

Cette structure fait partie de la mine Corrego do Feijão, dont c'est le barrage I qui s'est rompu vendredi. « Dès que l'alarme a été lancée, les pompiers ont commencé à évacuer les villages les plus proches du barrage », relate le chef du corps des pompiers locaux, Pedro Aihara, qui s'en tient au protocole. La zone dite du Parque da Cachoeira, abritant une vingtaine de maisons, focalise l'attention.

Résultat : les opérations de recherche dans la coulée de boue de vendredi, qui avaient été interrompues pour la nuit, restent suspendues. « Toute notre attention se porte sur l'évacuation », souligne le responsable. Le dernier bilan de la première catastrophe est de 34 morts, 23 blessés hospitalisés, 296 disparus dont 252 employés de l'entreprise minière ou de ses sous-traitants, et 366 rescapés.

Les familles souffrent tellement. Nous ne savons pas combien de personnes ont été sauvées, combien sont mortes. Nous voulons des chiffres des noms. Les personnes de Vale sont censé être les responsables non? L'accident qui s'est passé n'était pas à l'entreprise Vale? Alors c'est à Vale de donner des informations ! Sinon à qui d'autre ?

Un premier barrage avait déjà cédé il y a trois ans, puis un autre vendredi. Dans la région, les victimes oscillent entre tristesse et colère.

La justice bloque 2,6 milliards d'euros sur les comptes de Vale

A noter que le parquet de l'Etat de Minas Gerais a déjà bloqué 11 milliards de reais, soit 2,6 milliards d'euros, sur les comptes de Vale à titre de réparations pour la rupture du premier barrage. Cinq milliards de reais ont été bloqués samedi soir, venant s'ajouter aux 6 milliards déjà bloqués dès vendredi.

La moitié de la somme bloquée par la justice brésilienne devrait servir à l'indemnisation des victimes. L'autre à réparer les dégâts environnementaux causés par le torrent de boue chargé en déchets miniers qui s'est repeint en aval du barrage rompu.

Le gouvernement brésilien a également infligé deux lourdes amendes à l'entreprise Vale pour un total de 80 millions d'euros. Il y a trois ans, un autre barrage du géant minier avait cédé. L'entreprise avait également été sanctionnée, mais les villages ravagés sont toujours sous la boue et les familles n'ont toujours pas été relogées de manière pérenne.

La responsabilité de Vale est difficilement contestable, mais le gouvernement de l'Etat de Minas Gerais est également pointé du doigt, accusé de corruption et de laxisme envers Vale. Il avait notamment donné l'autorisation d'augmenter la production du barrage malgré les cris d'alerte des spécialistes environnementaux.

La coulée de boue provenant des exploitations de la mine Vale, vendredi, a noyé des installations de la mine mais aussi des maisons, Brumadinho le 26 janvier 2019.
La coulée de boue provenant des exploitations de la mine Vale, vendredi, a noyé des installations de la mine mais aussi des maisons, Brumadinho le 26 janvier 2019. REUTERS/Washington Alves

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