Salvador

Présidentielle au Salvador: qui est Nayib Bukele, le grand favori des sondages?

A 37 ans, Nayib Bukele (ici à San Salvador, le 26 janvier 2019) pourrait bien mettre fin au bipartisme au Salvador.
A 37 ans, Nayib Bukele (ici à San Salvador, le 26 janvier 2019) pourrait bien mettre fin au bipartisme au Salvador. REUTERS/Jose Cabezas

Cinq millions d'électeurs se rendent aux urnes ce dimanche 3 février au Salvador pour choisir leur prochain président. Favori des sondages : Nayib Bukele, le candidat de la coalition Gana.

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Jeans, casquette et veste en cuir, barbe impeccable : à 37 ans, Nayib Bukele se présente comme le candidat du changement. Depuis la fin de la guerre civile en 1992, deux partis se partagent le pouvoir : celui de droite, l'Arena, et celui de gauche, le FMLN. Mais aujourd'hui, le grand favori des sondages se positionne plutôt au centre.

Il a développé beaucoup de services publics, a pu répondre à beaucoup des besoins de la population. […] D’un point de vue plus symbolique il est outsider. Il a été présenté et est considéré comme étant en dehors de la scène politique traditionnelle. Le troisième aspect [est] générationnel. Son aura, son charisme… Il a 37 ans, fait partie de cette, entre guillemets, nouvelle élite politique qui émerge dans le pays.

Kevin Parthenay, chercheur à Sciences-Po, spécialiste de l'Amérique Centrale, à propos de Nayib Bukele

Charismatique, il a mené campagne sur les réseaux sociaux. Son credo : la lutte contre la corruption. Son slogan : la fin de l'impunité pour les élites qui volent l'argent public. D'origine palestinienne, publicitaire de profession, l'ancien maire de San Salvador jouit d'une réputation de bon gestionnaire et est reconnu pour avoir sécurisé et redynamisé la capitale.

Développer le tourisme grâce au surf

Outre ce positionnement ni gauche ni droite, Nayib Bukele a séduit la jeunesse et la classe moyenne urbaine par ses discours sur l'éducation et ses idées pour relancer l'économie. Il veut favoriser l'investissement dans l'industrie, le numérique et l'agriculture grâce à des incitations fiscales et des aides publiques. Et propose de développer le tourisme, avec notamment la création d'une filière surf. Le candidat de la Grande alliance pour l'unité nationale (Gana) veut ainsi endiguer l'émigration de milliers de Salvadoriens vers les Etats-Unis, et réduire l'influence des gangs criminels.

Des gangs qui ont toujours eu les moyens d'influencer les élections et surtout les taux de participation. Mais le très grand écart dans les sondages entre Nayib Bukele et son rival de droite, le millionnaire Carlos Calleja, laisse envisager la fin du bipartisme au Salvador.


Le FMLN, le principal parti de gauche du pays, actuellement au pouvoir, semble être la grande victime de la montée en puissance de Nayib Bukele, explique Kevin Parthenay, chercheur à Sciences-Po, spécialiste de l'Amérique Centrale.

Le sort du FMLN semble relativement scellé, dans le sens où payant tout l’héritage de la corruption, de programmes qui ont été assez insatisfaisants sur le plan de la sécurité et du développement social.

Kevin Parthenay, à propos de la chute du parti au pouvoir de gauche, le FMLN

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