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Venezuela

Venezuela: pénuries et tensions à la frontière colombienne

Les militaires vénézuéliens bloquent le pont Tienditas, qui relie Cucuta en Colombie et Ureña au Venezuela, dans l'État frontalier de Tachira, où l'armée a renforcé sa présence.
Les militaires vénézuéliens bloquent le pont Tienditas, qui relie Cucuta en Colombie et Ureña au Venezuela, dans l'État frontalier de Tachira, où l'armée a renforcé sa présence. RAUL ARBOLEDA / AFP

Au Venezuela, nouvelle manifestation mardi 12 février des deux camps. Juan Guaido et Nicolas Maduro réunissaient une nouvelle fois leurs partisans dans les rues du pays. Avec au cœur de ce bras-de-fer, la question de l’aide humanitaire bloquée en Colombie. Juan Guaido a assuré qu’elle entrerait le 23 février prochain au Venezuela malgré le refus du chef de l’Etat qui y voit un premier pas vers une intervention militaire. Reportage à la frontière entre la Colombie et le Venezuela 

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De notre envoyé spécial à la frontière avec la Colombie, à San Antonio de Tachira

L’atmosphère est particulièrement tendue, surtout à cause de la très forte présence militaire. Plusieurs contingents ont été envoyés en renfort depuis jeudi dernier, jour de l’arrivée de l’aide humanitaire à Cucuta, de l’autre côté de la frontière. Sur la route de San Antonio de Tachira les contrôles des forces de l’ordre sont nombreux. Et dans la ville, les militaires sont partout. Certains se déplacent même dans des blindés qui ressemblent à des tanks. Et c’est encore plus frappant lorsque l’on se rapproche de l’un des trois ponts qui traversent le rio Tachira vers la Colombie. L’un d’eux, le pont de Tienditas, est même totalement bouclé. C’est au bout de ce pont, côté colombien, qu’est stockée l’aide humanitaire que Nicolas Maduro refuse catégoriquement de voir entrer dans le pays.

Rassemblements à la frontière

Les rassemblements à la frontière n'ont pas dégénéré. Il n’y a eu aucun affrontement. L’opposition s’est réunie mardi dans la matinée, en plein centre de San Antonio, pour réclamer l’entrée de l’aide humanitaire. La population frontalière se plaint des nombreuses pénuries, en particulier celles de médicaments qui les poussent à partir en Colombie pour se soigner. Quant aux chavistes, ils ont investi toute la journée le pont de Tienditas qui se trouve juste à la sortie de la ville. Ceux-là affirment que tous les problèmes de pénuries s’expliquent par les sanctions économiques et que l’aide humanitaire n’y changera rien.

La zone frontalière particulièrement affectée par la crise

La décomposition économique est très avancée, bien plus avancée que dans la capitale Caracas. Dans le centre-ville de San Cristobal, la capitale de l’Etat, il n’y a presque plus aucun commerce ouvert. La région est touchée par la pire pénurie d’essence du pays, on voit dans les villes des files de voitures sur plusieurs kilomètres devant les stations-services. Les habitants doivent parfois dormir dans leur véhicule car ils attendent jusqu’à 48h pour faire le plein. Certaines zones sont aussi couvertes de déchets car leur gestion n’est plus assurée. Et les étals des rares supermarchés encore ouverts ne proposent plus aucun produit. En fait il semble que la zone ne survit que grâce au commerce, légal et illégal, avec la Colombie. On estime qu’entre 35 et 70 000 Vénézuéliens traversent chaque jour le pont piéton Simon Bolivar pour aller s’approvisionner en Colombie. Quelques milliers ne reviennent d’ailleurs pas et fuient tout simplement le pays.

le pont de Tienditas, désert, à la frontière entre Tachira au Venezuela et Cucuta en Colombie, le 11 février 2019.
le pont de Tienditas, désert, à la frontière entre Tachira au Venezuela et Cucuta en Colombie, le 11 février 2019. Luis ROBAYO / AFP

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