Etats-Unis

Les Etats-Unis refusent le retour de la jihadiste Hoda Muthana

Hassan Shibly, l'avocat de Hoda Muthana, dans son bureau de Tampa, en Floride, le 20 février 2019.
Hassan Shibly, l'avocat de Hoda Muthana, dans son bureau de Tampa, en Floride, le 20 février 2019. Gianrigo MARLETTA / AFP

Le président américain Donald Trump a décidé, mercredi 20 février, de refuser le retour de Hoda Muthana aux Etats-Unis. Selon Washington, la jihadiste née dans le New Jersey en 1994 ne serait pas Américaine. Partie en Syrie en 2014, la jeune femme est détenue dans un camp kurde depuis l’effondrement de l’organisation Etat islamique. Elle souhaite désormais revenir dans son pays natal et se présente comme une repentie dans la presse américaine.

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Avec notre correspondant à San Francisco,  Eric de Salve

A l’époque où l’Etat islamique détenait encore ses territoires, Hoda Muthana participait activement à la propagande terroriste. En 2015, elle félicitait ainsi les auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo sur Twitter, sous le pseudonyme « Oum Jihad ». Mais depuis l'écroulement de l’organisation Etat islamique, la jeune femme est désormais retenue avec son fils dans un camp kurde en Syrie. Elle se dit repentie, notamment dans une interview donnée au New York Times, et souhaite revenir aux Etats-Unis, dont elle détenait un passeport lors de son arrivée en Syrie en 2014.

Un projet auquel s’oppose le président américain Donald Trump, qui tweetait mercredi 20 février : « J’ai ordonné au secrétaire d’Etat Mike Pompeo de ne pas autoriser son retour. »

La nationalité américaine de la jihadiste au cœur du débat

Dans un communiqué, Mike Pompeo a précisé que la demande de retour de Hoda Muthana n’avait aucun fondement juridique, la jihadiste n’ayant ni passeport américain valide ni visa pour les Etats-Unis. Une affirmation contestée par l’avocat de cette dernière, qui rappelle que la jeune femme est née au New Jersey en 1994, d’un père diplomate yéménite. Il est cependant d’usage aux Etats-Unis que les enfants de diplomates n’acquièrent pas automatiquement la nationalité américaine.

L’affaire intervient alors que Donald Trump exige de la communauté internationale ce à quoi lui-même se refuse : le rapatriement des jihadistes dans leur pays natal pour y être jugés et emprisonnés. Et ce après sa décision unilatérale de rappeler les 2 000 soldats américains chargés de combattre les derniers bastions de l’Etat islamique en Syrie.

►A relire : Après le retrait des forces américaines de Syrie, quel avenir pour la coalition anti-EI ?

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