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Brésil

À Rio, un cirque aide les enfants des favelas à s’épanouir

Cristiano Silva, premier élève du cirque social « crescer e viver » , il est désormais professionnel
Cristiano Silva, premier élève du cirque social « crescer e viver » , il est désormais professionnel RFI/Sarah Cozzolino

Le cirque social « grandir et vivre » accueille depuis quinze ans les enfants des quartiers les plus défavorisés de Rio de Janeiro. À travers les acrobaties, le jonglage et la danse, les élèves déconnectent de leurs difficultés quotidiennes et regagnent confiance en eux.

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En plein centre de Rio de Janeiro, au milieu d’un quartier avec de hauts bâtiments, se dresse un chapiteau de cirque. Depuis quinze ans, le cirque social « crescer e viver », « grandir et vivre » en français, fait figure de résistance dans le paysage carioca.

« Le cirque m’a sauvée », raconte très sérieusement Raissa Luaria. Cette jeune fille de 11 ans a la peau foncée et les cheveux crépus, mais elle est blonde aux yeux clairs. Un mélange racial qui a un nom au Brésil : Raissa est « sarará ». « Ça m’a valu d’être harcelée à l’école pendant des années. J’ai dû changer plusieurs fois d’établissement et j’ai fait une dépression. » Sa grand-mère, qui l’a inscrite au cirque il y a quelques mois, considère cette nouvelle activité comme une thérapie. « Je me sens bien ici, lance Raissa avant de grimper sur ses échasses. Mieux qu’à l’école ou à la maison. »

Comme beaucoup d’enfants ici, Raissa habite une favela, un quartier pauvre en proie aux conflits entre narcotrafiquants et police. Pour ces jeunes élèves, le cirque est un refuge. Vinicius Daumas, co-fondateur du cirque, veut croire que le cirque a un réel pouvoir pédagogique. « Quand un enfant enfile des échasses, il doit penser à sa démarche, explique ce clown de 45 ans. Il doit réapprendre à marcher. Pour ça il va devoir donner la main à quelqu’un, et lui faire confiance. Et c’est là que les relations commencent à changer. C’est très symbolique. »

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À Rio, un cirque aide les enfants des favelas à s’épanouir

Culture en crise

Il y a trois ans, quand la crise économique a commencé à toucher le Brésil, le cirque a dû rogner sur son budget. Près de la moitié des professeurs ont été obligés de partir. « Quand un pays va mal, la culture est la première des victimes, regrette Vinicius. L’art n’est jamais considéré comme une priorité. » Mais il réfléchit constamment à réinventer le mode de fonctionnement du cirque, qui reçoit désormais des évènements privés pour financer les activités sociales.

Le climat va-t-il changer avec l’élection de Jair Bolsonaro à la tête du pays ? Vinicius est agacé par les combats idéologiques qu’il observe sur les réseaux sociaux. « Notre principal acte politique, c’est de se maintenir vivants et debout ici, lâche-t-il en parlant du cirque. On fait notre part. ».

Le cirque social inspire au-delà des frontières. À partir du mois d’avril, la réalisatriceLamia Chraibi fera du cirque l’objet de son prochain documentaire. Un projet multimédia, avec une création en réalité virtuelle pour suivre ces enfants, dans leur quotidien, après le cirque.

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