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États-Unis

Faut-il ou non tenter de destituer Donald Trump?, s'interroge l'opposition

Les deux principaux représentants démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, le 25 janvier 2019 au Capitol.
Les deux principaux représentants démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, le 25 janvier 2019 au Capitol. REUTERS/Joshua Roberts/File Photo
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L'opposition démocrate américaine est face à un dilemne. A-t-elle intérêt à tout faire pour tenter d’obtenir la destitution de Donald Trump ? En ne se prononçant pas définitivement sur les accusations d’obstruction de justice, le rapport du procureur Mueller lui en a laissé la possibilité. Mais c’est un cadeau empoisonné.

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Dimanche 21 avril 2019, trois pontes démocrates du Congrès des États-Unis se sont succédés aux micros sans clarifier la position de leur parti. Oui, Donald Trump mérite certainement d’être destitué selon eux. Mais non, il n’est pas si simple, ni forcément très profitable, de se lancer dans une telle bataille actuellement.

« C'est une décision très difficile », a déclaré Adam Schiff, chef de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, que les démocrates contrôlent le mois de janvier, suite aux élections de mi-mandat.

« Peut-être que nous irons jusque-là, peut-être pas », a de son côté renchéri le président de la commission de la Justice de la Chambre, celle-là même qui serait chargée de lancer la procédure le cas échéant, Jerry Nadler.

Alors que la sénatrice Elizabeth Warren, candidate à la primaire démocrate, a appelé au lancement de l'impeachment, comme Julian Castro, autre candidat, selon le sénateur Cory Booker également, l'heure n'est pas venue. Il estime qu'il faut d'abord entendre le procureur Robert Mueller en audition parlementaire.

Le dilemne des élus démocrates

Pourquoi cette prudence ? Car la procédure a peu de chance d’aboutir, et divise les élus, mais aussi les électeurs. D'abord, l’arithmétique rend l'impeachment impossible si les républicains continuent de faire front derrière le président, rappelle notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier.

Ensuite, cela étouffera les débats politiques de la campagne présidentielle 2020 qui commence, craignent certains. Enfin, Donald Trump profiterait certainement d’un échec de la procédure pour galvaniser encore davantage ses partisans.

Alors, pourquoi la question se pose-t-elle malgré tout ? Certains avancent une posture éthique : peu importe le coût politique, un président ne doit pas pouvoir violer la loi en toute impunité. Il y a aussi l’opinion publique : une majorité d’électeurs démocrates réclame toujours la destitution de Donald Trump.

Certains se positionnent peut-être ainsi pour se faire entendre, comme les deux candidats à la primaire mentionnés plus haut, à la traîne dans les sondages, mais qui ont reçu un certain écho ce week-end. Pour trancher, les démocrates espèrent avoir bientôt accès à l’intégralité du rapport Mueller et entendre ses arguments.

Trump a tout à gagner de cette situation

Aujourd’hui, alors que chacun tente de trouver la meilleure posture, le parti aurait sans doute intérêt à afficher une position commune face à ce dilemne, s'il ne veut pas que ce soit Donald Trump qui, à terme, profite le plus de la situation.

Selon la Constitution des États-Unis, la procédure d'impeachment commence à la Chambre des représentants : ses élus peuvent voter une mise en accusation. Mais c'est ensuite au Sénat de juger le président afin de le destituer ou de l'acquitter. Or, la chambre haute du Congrès reste à majorité républicaine.

► À lire aussi : Trump a tenté d’influencer l’enquête Mueller

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