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Panama / Laurentino Cortizo

Panama: Laurentino Cortizo, un nouveau président pour une nouvelle image

Laurentino Cortizo s'est s'adressé à ses partisans après que le tribunal électoral du Panama l'ait déclaré vainqueur de l'élection de dimanche, à Panama, le 5 mai 2019.
Laurentino Cortizo s'est s'adressé à ses partisans après que le tribunal électoral du Panama l'ait déclaré vainqueur de l'élection de dimanche, à Panama, le 5 mai 2019. REUTERS/Jose Cabezas

« Sauver et transformer le Panama ». C’est sur cette promesse que Laurentino Cortizo, surnommé « Nito », s’est fait élire président du Panama dimanche. Un engagement qui passe par plus de transparence et la restauration de l’image de son pays salie notamment par le scandale des « Panama Papers » en 2016 et les scandales de corruption, dont celui lié à l’entreprise brésilienne de travaux publics Odebrecht. Élu pour cinq ans, ce chef d’entreprise et éleveur de profession a réussi à s’imposer comme le candidat du renouveau malgré une longue carrière politique.

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À 66 ans, le nouveau président panaméen a déjà « un certain nombre d’années d’expérience dans l’arène politique », souligne Sophie Wintgens, chargée d’étude à l’Université libre de Bruxelles. D'origine grecque et espagnole, Laurentino Cortizo fait des études aux États-Unis, et travaille pour l'Organisation des États américains (OEA). Chef d’entreprise et éleveur de profession, il se lance en politique en 1994. Il est élu député de la province de Colón, après s’être fait remarquer en allant à la rencontre de ses électeurs à cheval ou en pirogue.

En 2000, il devient président de l’Assemblée nationale, avant d’être nommé ministre du Développement agricole par le président Martin Torrijos quatre ans plus tard. Il démissionne au bout de quinze mois pour marquer son opposition à l'assouplissement des normes sanitaires imposées par le traité de libre-échange avec les États-Unis. Des normes qu’il dit désormais avoir l’intention de respecter en tant que président.

Plusieurs fois candidat à l’investiture présidentielle

« Nito » Cortizo fait profil bas pendant quelques années, puis décide en 2008 de briguer l’investiture du Parti révolutionnaire démocrate (PRD, centre gauche) pour l’élection présidentielle, mais il échoue et termine en troisième position avec 9 % des suffrages.

Après avoir renoncé à se présenter aux élections de 2013, il revient à la charge en 2018 et parvient à fédérer le PRD derrière sa candidature qui recueille plus de 67 % des voix lors de la primaire. En remportant l’élection présidentielle dimanche 5 mai, Laurentino Cortizo permet à son parti de revenir au pouvoir après dix ans dans l’opposition. Pour Sophie Wintgens de l’Université libre de Bruxelles, cette victoire est celle « du modèle dominant et de la politique traditionnelle, portée par l’élite politique et économique ».

Gouverner « sans voler »

Élu sur un programme qui fait la part belle à l’éducation et à la lutte contre la corruption, Laurentino « Nito » Cortizo a promis de rendre les institutions plus transparentes et de sanctionner les entreprises coupables de corruption. Il s’est également engagé à créer deux nouveaux ministères : ceux de la Culture et de la Femme.

C’est cependant en axant son discours sur les inégalités, notamment lors de ses meetings en province, que le candidat du PRD a bâti sa victoire selon Sophie Wintgens. « C’est peut-être là qu’il a gagné son élection dans les parties les plus éloignées de Panama, où la pauvreté est la plus grande ».

Si les partisans de « Nito » Cortizo louent son humilité et sa sensibilité sociale, ses détracteurs lui reprochent de s’entourer de députés impliqués dans des affaires de corruption. Des accusations réfutées par le nouveau président panaméen, qui assure que durant son mandat, personne ne sera « intouchable ».

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