La revue de presse des Amériques

À La Une: au Panama courte victoire à la présidentielle de Laurentino Cortizo

La photo de Laurentino Cortizo, nouveau président du Panama.
La photo de Laurentino Cortizo, nouveau président du Panama. ©REUTERS/Jose Cabezas

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Le candidat social-démocrate du PRD a obtenu 33% des voix, devançant de deux petits points seulement son principal adversaire, le candidat de droite Romulo Roux. De quoi susciter des remous hier soir. La marge est tellement petite entre les deux hommes, Romulo Roux a déclaré qu’il ne reconnaîtrait officiellement le résultat qu’après un recomptage méticuleux des voix.

La Estrella de Panama raconte : quand peu avant minuit, le Tribunal électoral a confirmé Laurentino Cortizo vainqueur, 93% des bulletins avaient été dépouillés, et l’écart entre les deux hommes était de seulement 40 000 voix… De quoi faire bondir Romulo Roux qui avait alors twitté : « Comment peuvent-ils déclarer un candidat gagnant alors que la commune de San Miguelito qui compte 272 000 habitants n’a toujours pas été comptabilisée. »

Le malheureux perdant a donc dénoncé des « irrégularités » dans le processus électoral, sans préciser de quelle nature, sinon le fait que la proclamation avait été faite avant d’avoir les résultats finaux. De quoi « instiguer le doute » commente le journal péruvien El Comercio. Romulo Roux dit qu’il attend d’avoir tous les actes de l’élection en main pour faire son bilan de l’élection.

De son côté, le Tribunal électoral a annoncé qu’il promulguera officiellement Laurentino Cortizo jeudi. Le nouveau président de 66 ans prendra ensuite ses fonctions le 1er juillet. Hier soir, cet ancien ministre de Martin Torrijos (2004-2009) a promis « paix et prospérité pour le Panama » et s’est dit « prêt à gouverner ».

Comme le rappelle El Nuevo Herald qui titre ce matin « l’opposant Cortiza a gagné », jamais depuis la chute du dictateur Manuel Noriega en 1989, jamais un président n’avait été élu avec un pourcentage des voix aussi bas. Et ce malgré une très forte participation des Panaméens, plus de 75% des électeurs se sont rendus aux urnes : « Un exemple pour le monde » estime La Prensa, qui se réjouit du climat pacifique qui a régné hier, mais qui regrette toutefois que « la fête électorale » ait été quelque peu gâchée par cette contestation des résultats. Pour le journal : « nous devons être fiers du fait qu’une fois encore nos élections ont été transparentes, et que le Tribunal Electoral est impartial ».

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Colombie : Francia Marquez échappe à une tentative d’assassinat

Défenseur des droits des communautés afro-colombiennes du Cauca (au sud-ouest du pays), Francia Marquez est très connue dans le pays et vit déjà sous protection policière. Cette trentenaire qui combat les exploitations minières illégales a échappé samedi après-midi à une attaque par des hommes armés, qui ont lancé des grenades au petit groupe de militants avec qui elle se trouvait dans une commune rurale de Santanter de Quilichao, explique El Espectador. Les militants préparaient une réunion en vue de discussions avec le gouvernement prévues le 8 mai. Deux gardes du corps de Francia Marquez ont été blessés. Aucun mort n’est à déplorer.

Sur la radio RCN, Francia Marquez s’est exprimée pour exiger que le gouvernement trouve une solution négociée avec les groupes armés illégaux qui font régner la terreur dans les espaces ruraux et indigènes du Cauca. Cette zone est stratégique : on y trouve à la fois des cultures de coca, et des laboratoires de transformation de poudre de cocaïne.

Cette attaque n’est en fait que l’arbre qui cache la forêt : les chiffres sont révélateurs d’une situation qui se dégrade très vite. Les attaques contre les leaders sociaux qui luttent pour les droits humains ou la protection de l’environnement ont augmenté de près de 50% en un an, relate El Tiempo : depuis le début de l’année 2019, selon le registre du Ministère public, 25 défenseurs des droits ont été assassinés. 29 selon l’Office des droits de l’homme de l’ONU.

Ces leaders sociaux mènent des procès, représentent les territoires les plus délaissés du pays, et sont donc la cible des groupes armés qui contrôlent ressources et narcotrafic, entre autres des dissidents des FARC ou de l’EPL, tels que Aguilas Negras.

Coup de pression de Donald Trump sur les importations chinoises

À la Une des journaux américains, les menaces de Donald Trump qui dans un tweet écrit que, à partir de vendredi 10 mai, les taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises seront augmentées, et passeront de 10% à 25%.

« De quoi faire sombrer les espoirs qui laissaient croire que les discussions commerciales aboutiraient à une résolution amicale » écrit l’éditorialiste du magazine économique Bloomberg.

En prenant l’exemple de la taxe sur les machines à laver importées - qui a déjà été instaurée par l’administration Trump et dont les effets ont donc été étudiés par quelques économistes - David Flicking, démonte l’idée selon laquelle une hausse des taxes sur les produits d’importations chinois induit nécessairement à un avantage pour les fabricants américains, qui pourraient selon lui vendre plus de machines à un coût semblable à celui des produits chinois une fois taxés. Le raisonnement est détaillé et concret, ça vaut le détour.

Les principales conclusions de l’éditorialiste : au final, ces taxes ne rendent pas les produits moins chers pour le consommateur américain, c’est même parfois le contraire. Et surtout, le fait que Donald Trump soit « si imprévisible qu’il change d’avis du jour au lendemain » crée beaucoup d’incertitudes pour les entreprises américaines qui font des affaires avec la Chine. Si les règles du jeu changent tous les deux mois, au bout du compte tout le monde finit par perdre de l’argent, estime l’éditorialiste.

« La vraie politique étrangère de Trump en Amérique latine : galvaniser sa base électorale »

Susan Rice - qui a été pendant 5 ans conseillère à la sécurité nationale sous Barack Obama - signe ce matin un article dans le New York Times. Une salve de critiques qui s’abat sur l’administration Trump, et en particulier sur celui qui l’a remplacée : John Bolton. D’abord, concernant la politique menée vis-à-vis de Cuba : « Il a remis les pendules à l’heure de la guerre froide » écrit-elle. Faisant allusion à la loi Helms-Burton qui vient d’entrer en vigueur, elle estime que « ce sont les sanctions les plus dures jamais imposées à l’île depuis des décennies ». Des sanctions qui « touchent directement le peuple cubain et font du mal à son naissant secteur privé ».

Aussi, pour Susan Rice, raviver les tensions avec Cuba est contre-productif pour résoudre la crise vénézuélienne, dans la mesure où elle divise le camp des pays pro-Guaido. Elle condamne également les menaces d’intervention militaire de Donald Trump au Venezuela, sachant que selon elle, « une intervention est tout à fait inenvisageable et qu’elle n’est pas dans l’intérêt des forces d’opposition. »

Tout cela, conclue-t-elle, « non pas dans l’intérêt des États-Unis », mais pour s’attirer les sympathies des vieux Cubano-Américains et des exilés vénézuéliens les plus radicaux, qui sont nombreux à vivre en Floride… cet État clé pour gagner les prochaine présidentielle.

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