Mexique

Médias: nouvel assassinat de journaliste au Mexique

Playa del Carmen (Etat du Quintana Roo): le journaliste Francisco Romero a été assassiné dans cette station balnéaire de la côte caraïbe, le 16 mai.
Playa del Carmen (Etat du Quintana Roo): le journaliste Francisco Romero a été assassiné dans cette station balnéaire de la côte caraïbe, le 16 mai. RODRIGO ARANGUA / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Mexique est le pays le plus mortifère au monde pour les journalistes, selon l'organisation Reporters sans frontières. Le corps sans vie de Francisco Romero, journaliste pour un média en ligne spécialisé dans les faits divers, a été retrouvé près d'un bar de la station balnéaire de Playa del Carmen dans le Yucatan. Francisco Romero est le 5e journaliste assassiné depuis le début de l'année et le 8e depuis le début du mandat du président Andrès Manuel Lopez Obrador.

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Le corps de Francisco Romero portait des traces de coups et deux blessures par balle à la tête. Selon des informations recueillies par Reporters sans frontières, le journaliste avait reçu dans la nuit un appel téléphonique lui signalant un événement dans une boîte de nuit.

« Il faut souligner que la plupart des journalistes assassinés au Mexique, plus de 120 au cours des dix dernières années, et environ 15 journalistes disparus, se consacraient à la couverture de faits divers », nous explique Roberto Rock, de la Société interaméricaine de presse, joint au téléphone.

Il avait reçu des menaces

Francisco Romero ne se sentait pas en sécurité et avait porté plainte le 12 avril la semaine dernière après avoir reçu des menaces de mort.

« On ne sait pas s'il a porté plainte contre des personnes en particulier ou contre des groupes de personnes. C'était un journaliste qui travaillait pour le journal local qui s'appelle Quintana Roo Hoy. Et il gérait aussi un groupe d'information sur Facebook qui s'appelle 'Ocurrio asi', (ça s'est passé comme ça - NDLR), un groupe dans lequel il rapportait sa couverture quotidienne de faits divers », poursuit Roberto Stock.

Après l'assassinat en juillet dernier de Ruben Pat, directeur de l'hebdomadaire Playa News, un confrère avec lequel il travaillait, Romero avait demandé à être placé sous le système de protection des journalistes. Depuis lors, « il bénéficiait de gardes du corps » a expliqué son épouse à l'Agence France-presse.

Le Mexique, un pays dangereux pour les journalistes

Le gouvernement du Mexique a annoncé fin mars vouloir renforcer le mécanisme de protection des journalistes dont bénéficient actuellement 498 défenseurs des droits humains et 292 journalistes.

Ce mécanisme, lancé en 2012, leur permet de bénéficier de boutons de panique, de gilets pare-balles ou d'une escorte policière, en fonction du degré de menace.

C'est que le Mexique arrive au 147e rang sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Selon cette ONG, il s'agit d'un des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes, au même niveau que l'Afghanistan, la Syrie ou le Yémen. En 2018, dix journalistes y ont été assassinés. La majorité de ces assassinats restent impunis.

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