Mexique / Etats-Unis

Immigration: les présidents américain et mexicain se félicitent du nouvel accord

Le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador (AMLO), le 30 janvier 2019.
Le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador (AMLO), le 30 janvier 2019. REUTERS/Carlos Jasso

Les présidents américain comme mexicain se sont félicités de l'accord trouvé entre les deux pays. Arraché au terme de trois jours d'intenses négociations, il permet d'éviter au Mexique d'éviter l'imposition de nouvelles taxes douanières en s'engageant à surveiller sa frontière pour limiter le flux d'immigrants clandestins.

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Le 7 juin, le président mexicain López Obrador s’est rendu à Tijuana pour célébrer l’accord entre le Mexique et les États-Unis qui a permis d’éviter l’imposition de taxes douanières de 5% sur tous les produits mexicains entrant aux États-Unis. Il a exprimé sa satisfaction devant des milliers de Mexicains venus le soutenir lors d’un meeting « d’unité en défense de la dignité du Mexique et en faveur de l’amitié avec les États-Unis ».

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Accompagné par de nombreux gouverneurs, par des législateurs, des membres de l’opposition, des chefs d’entreprises et les principaux ministres de son cabinet, le président Lopez Obrador a voulu faire de ce meeting un acte d’unité nationale et de patriotisme, explique notre correspondant à Mexico, Patrick John Buffe. Il l’a par ailleurs organisé dans un lieu hautement symbolique puisqu’il s’est tenu au centre de Tijuana, une ville située à quelques pas de la frontière avec les Etats-Unis que cherchent à traverser tous les jours les migrants centraméricains.

Devant une foule acquise à sa cause et fort de l’accord avec les Etats-Unis, López Obrador a reconnu la volonté de Donald Trump de chercher une solution négociée. Pour cette raison aujourd’hui, il « ne lève pas un poing fermé mais une main franche et ouverte », a-t-il déclaré.

Réitérant sa disposition au dialogue, il a néanmoins rappelé qu’il rejetait tout acte de représailles. Et qu’en tant que président, il ne pouvait accepter que l’on porte atteinte à l‘économie mexicaine. Il a aussi insisté sur le problème de la migration, auquel on ne peut pas trouver de solution en fermant les frontières ou en utilisant des mesures coercitives.

Négociation au forceps

De son côté, événement assez rare, Donald Trump est allé jusqu’à féliciter le président mexicain et son ministre des Affaires étrangères pour cet accord trouvé la veille après trois jours d’intenses négociations. « Tout le monde est très excité par ce nouvel accord avec le Mexique » qui sera « très efficace » a tweeté le président américain ce 8 juin en confirmant que Mexico s’était engagé à dépêcher 6 000 hommes à sa frontière avec les États-Unis pour empêcher les passages de clandestins.

Ces passages sont en très forte augmentation, rappelle notre correspondant à San Francisco, Eric De Salves. On comptait plus de 4 000 franchissements par jour en moyenne le mois dernier, un record depuis plus de dix ans. Pour les ralentir, Mexico promet également de déployer sa garde nationale sur sa frontière avec le Guatemala par où transitent les migrants venus d’Amérique centrale.

Le président américain précise également que le Mexique s’est engagé à acheter de larges quantités de produits « à nos grands fermiers patriotes ». Une méthode de négociation au forceps dénoncée par l’opposition. Dans un communiqué, Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, a déploré ces pressions économiques exercées sur un pays « ami, proche et voisin ».

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