Venezuela

Venezuela: un «carnet de contrôle migratoire frontalier» pour les Colombiens

Le pont de Tienditas à la frontière entre Tachira au Venezuela et Cucuta en Colombie, le 11 février 2019.
Le pont de Tienditas à la frontière entre Tachira au Venezuela et Cucuta en Colombie, le 11 février 2019. Luis ROBAYO / AFP

Au Venezuela, les autorités ont annoncé la création d’un « carnet de contrôle migratoire frontalier » qui sera obligatoire pour tout citoyen colombien qui souhaite rentrer dans le pays. Le but : contrôler les passages des Colombiens à la frontière avec le Venezuela qui vient de rouvrir ce week-end après trois mois de fermeture. Une mesure qui inquiète au sein de l’opposition vénézuélienne.

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Avec notre correspondant à CaracasBenjamin Delille

Selon Freddy Bernal, protecteur de l’État frontalier de Tachira, ce nouveau carnet « n’est qu’une mesure de sûreté pour améliorer le transit entre la Colombie et le Venezuela ». À partir du 17 juin, le carnet de contrôle migratoire, gratuit, devra être téléchargé sur internet par les Colombiens qui souhaitent s’en servir, puis tamponné dans un bureau du registre civil vénézuélien.

Selon l’opposant Juan Guaido cette mesure ne servira qu’à empêcher les Colombiens de rentrer et fera ainsi empirer la situation économique de la frontière totalement dépendante de la Colombie. Il assure que le gouvernement de Nicolas Maduro n’arrivera pas à émettre ces carnets sachant qu’il n’arrive même pas à distribuer des passeports à ses citoyens.

Depuis plusieurs mois, le registre civil vénézuélien tourne en effet au ralenti, affecté par des dysfonctionnements en tout genre. Beaucoup de Vénézuéliens préfèrent donc quitter le pays clandestinement plutôt que d’attendre leur passeport pendant des années.

C’est d’ailleurs ce qui a poussé Juan Guaido à décréter vendredi dernier que tous les passeports vénézuéliens seraient désormais considérés comme valides cinq ans après leur date d’expiration. Mais pour l’instant, seuls les États-Unis et l’Espagne ont reconnu ce décret.

Le Haut-Commissariat pour les Réfugiés des Nations unies estime qu’au moins 3,3 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015.

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