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Etats-Unis

États-Unis: Kamala Harris, vedette du deuxième débat de la primaire démocrate

Kamala Harris, sénatrice de Californie, lors du deuxième débat de la primaire démocrate, le 27 juin 2019 à Miami, en Floride.
Kamala Harris, sénatrice de Californie, lors du deuxième débat de la primaire démocrate, le 27 juin 2019 à Miami, en Floride. AFP/Cliff Hawkins
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Aux États-Unis, le deuxième débat très attendu entre les candidats à l’investiture démocrate se tenait cette nuit à Miami, en Floride. Si l'on s'attendait à un affrontement entre les deux favoris des sondages, Joe Biden et Bernie Sanders, Kamala Harris, la sénatrice de Californie s’est finalement imposée dans le débat.

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Avec notre correspondante à Washington,Anne Corpet

Le deuxième débat entre les candidats à la primaire démocrate qui se tenait ce 27 juin à Miami devait opposer les deux favoris des sondages, Joe Biden et Bernie Sanders. Mais une femme noire de vingt ans de moins qu'eux, la sénatrice californienne Kamala Harris, leur a volé la vedette, tout d’abord quand elle a réussi à imposer le calme à tous les participants lors d’un grand moment de confusion au sujet des différences d’âge. « Hé, les gars, vous savez quoi ? L’Amérique ne veut pas assister à un combat à table, elle veut savoir comment on va lui mettre de la nourriture sur la table », a-t-elle lancé.

Lorsqu’on lui a demandé quelles seraient les premières mesures qu’elle prendrait pour résoudre la crise de l’immigration, elle a déclaré : « En janvier 2021, je réinstaurai immédiatement par décret la protection des jeunes migrants entrés dans le pays quand ils étaient mineurs. J’ajournerai les ordres d’expulsion pour leurs parents et pour les vétérans qui sont si nombreux à être sans-papiers, mais qui se sont battus pour défendre notre pays et notre démocratie. Je mettrai immédiatement en place un processus efficace pour étudier les demandes d’asile. Je libérerai les enfants qui sont en cage. Je me débarrasserai des centres de rétention et je m’assurerai que ce micro que la présidente des États-Unis tient dans ses mains sera utilisé d’une manière qui reflète les valeurs de ce pays ».

Racisme et conflit de génération, Joe Biden en difficulté

Kamala Harris a aussi su se montrer pugnace, en particulier lorsqu’elle a interpellé l’ancien vice-président sur la question raciale aux États-Unis et qu'il s’est retrouvé sur la défensive. D’autant que l’ancien vice-président a aussi été attaqué sur son âge par un outsider, Eric Swalwell, représentant du même Etat que Kamala Harris.

« J’avais six ans quand un candidat à la présidence est venu à la convention démocrate en Californie et a dit :"il est temps de passer le relais à une nouvelle génération d’Américains", a-t-il raconté. Ce candidat était à l’époque le sénateur Joe Biden. Joe Biden avait raison quand il disait qu’il fallait passer le flambeau il y a 32 ans ».

Face aux critiques, Joe Biden a défendu le bilan de ses plus de quarante ans en politique et souligné les huit ans passés aux côtés de Barack Obama. L'ancien vice-président est aussi apparu confus quand il a dit que sa première mesure quand il arriverait à la Maison Blanche serait de battre Donald Trump. Malgré son avance confortable dans les sondages, Joe Biden sort affaibli de ce débat.

De son côté, Bernie Sanders a été égal à lui-même. Sa prestation confortera son électorat mais ne risque pas de rallier de nouvelles voix. Nous avons une nouvelle vision pour l’Amérique. « À une époque où trois personnes dans ce pays détiennent plus de richesses que la moitié la plus pauvre d’Amérique, quand 500 000 personnes dorment dans la rue, nous pensons qu’aujourd’hui est venu le temps du changement, du vrai changement, a déclaré le sénateur du Vermont. Et par cela je veux dire que l’assurance maladie, de mon point de vue, est un droit humain et que nous devons passer à un système de couverture santé universelle. Je crois que l’éducation est l’avenir de ce pays et c’est pourquoi je crois que nous devons rendre l’entrée dans les collèges publics et les universités gratuite et éliminer la dette étudiante, et nous ferons cela en imposant des taxes sur Wall Street. Chacune de mes propositions est totalement financée ».

Ce débat a ainsi montré qu'à 17 mois de la présidence rien n’est joué dans le camp démocrate. Depuis le Japon, où il participe au sommet du G20, Donald Trump a raillé les candidats qui venaient de se déclarer en faveur d'une couverture santé pour les sans-papiers. « Pourquoi ne pas s'occuper des citoyens américains d'abord ! », a-t-il tweeté. Le président américain ironise régulièrement sur le manque d'énergie présumée de Joe Biden, et l'a surnommé « Joe-Dodo ». Dix premiers candidats s'étaient déjà opposés la veille du débat de ce 27 juin. Elizabeth Warren (13%), égérie de la gauche du parti, avait alors confirmé son statut parmi les principaux prétendants de la course. L'Iowa sera le premier État à se prononcer dans ces primaires démocrates en février 2020.

►À (re)lire : États-Unis: un Parti démocrate en quête de leader

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