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Brésil

Accord UE-Mercosur: une première victoire pour Bolsonaro?

Jair Bolsonaro, le 24 juin 2019, à Brasilia.
Jair Bolsonaro, le 24 juin 2019, à Brasilia. REUTERS/Adriano Machado
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au Brésil, la conclusion de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur pourrait représenter la première victoire politique de Jair Bolsonaro. Après des mois de gestion chaotique et de polémiques, le gouvernement d’extrême droite se félicite de cette association qui devrait avoir des retombées économiques positives sur le commerce brésilien.

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Avec notre correspondante au Brésil, Sarah Cozzolino

Jair Bolsonaro et son gouvernement se souviendront de leur premier sommet international du G20 comme d'une victoire historique après la conclusion d'un accord entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur. « J’avais promis que je ferais du commerce avec tout le monde, sans biais idéologique. Je tiens promesse » s’est félicité le président brésilien sur Twitter.

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur éliminera à terme 91% des droits de douane imposés par le Mercosur aux produits européens, ce que la Commission européenne évalue en valeur à 4 milliards d’euros. A l’inverse, l’UE supprimera de son côté 92% des taxes actuellement appliquées aux biens sud-américains qui arrivent sur son sol.

La conclusion de l’accord a été saluée par les milieux d'affaires, qui y voient la fin de l’isolement du Brésil. Le ministre de l’Économie a déjà calculé que le traité pourrait faire passer le produit intérieur brut du pays de 87 milliards à 125 milliards de réais (28 milliards d'euros) en quinze ans.

Compromis sur l'environnement

Cette victoire a cependant été obtenue après quelques compromis. Attaqué par les dirigeants européens sur sa politique environnementale, Jair Bolsonaro a dû s’engager à respecter l’accord de Paris sur le climat. Mais les ONG de protection de l’environnement doutent de sa bonne volonté. En quelques mois, le Brésil a homologué 239 pesticides classés toxiques pour la santé et l’écologie.

« Il y a eu plusieurs concessions en termes de volume ou de droits d'entrée », a déclaré la ministre brésilienne de l'Agriculture, Tereza Cristina, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, au cours de laquelle l'accord a été conclu. Les négociations, qui ont débuté en 1999, sont entrées dans la dernière ligne droite le 26 juin lorsque les ministres des Affaires étrangères de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay ont rencontré les commissaires européens au Commerce et à l’Agriculture pour dégager les points saillants.

Les quotas et les tarifs des produits sud-américains, tels que le bœuf, la volaille, le sucre et l'éthanol, ainsi que l'ouverture du marché de l'automobile dans les pays du Mercosur ont été des points cruciaux pour parvenir à un consensus. « Là où nous n'avions pas gagné dans le volume, nous avons gagné dans les tarifs. Il y a eu des gains des deux côtés, il n'y a pas d'accord pour dire qu'on gagne seulement », a ajouté le ministre, sans donner plus de détails.

Cet accord arrive au bon moment pour le président brésilien en difficulté après seulement six mois de gestion. De retour au pays, il devra affronter d’autres défis de taille comme la réforme des retraites qui peine à passer au Congrès et un taux de chômage qui dépasse les 12%.

►À lire aussi : L'UE et le Mercosur concluent un accord de libre-échange «historique»

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