Accéder au contenu principal
Brésil

Brésil: le secteur de l'agrobusiness se réjouit de l'accord Mercosur-UE

Avec l'accord Mercosur-UE, certains produits brésiliens comme les fruits pourraient voir leurs tarifs douaniers baisser.
Avec l'accord Mercosur-UE, certains produits brésiliens comme les fruits pourraient voir leurs tarifs douaniers baisser. MIGUEL SCHINCARIOL / FAO / AFP

L'accord historique Mercosur-UE, conclu à la fin du mois de juin entre les membres du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) et les pays de l’Union européenne, promet de faire disparaître plus de 90% des droits de douane imposés par l’UE sur les produits venus du marché sud-américain, et inversement. 

Publicité

De notre correspondante à Sao Paulo,

À Sao Paulo, dans la capitale économique brésilienne, se trouve la plupart des associations d’exportateurs de l’agrobusiness. Au siège de la Citrus BR, l’association nationale des exportateurs de jus d’agrumes, trône une grande orange transformée en globe terrestre.

« Si on pense le libre-commerce comme une manière d’aider au développement mondial, alors oui, je pense que nous sommes sur la bonne voie », se réjouit Ibiapaba Netto, directeur exécutif de l’association, suite au vote de l'accord commercial.

Brésil, premier exportateur mondial de jus d'agrumes

Le Brésil est le premier exportateur de jus d’agrumes avec 50% des exportations mondiales. Grâce à l’accord, il pourrait voir sa barrière tarifaire passer de 12,5% à 0% d’ici une quinzaine d’années.

« Pour une question d’égalité d’accès au marché, par rapport à nos concurrents, il était important pour nous de voir cette barrière tarifaire supprimée dans les prochaines années », poursuit Ibiapaba Netto.

Mais la question des normes sanitaires a fait bondir les Européens, craignant que les pesticides brésiliens interdits en Europe ne se retrouvent dans les aliments importés.

Ibiapaba Netto, lui, ne se sent pas inquiet. « Celui qui veut vendre des oranges pour l’industrie exportatrice des jus d’orange ne peut utiliser qu’une gamme de produits qui ont été approuvés par la Commission européenne. Donc les standards avec lesquels on travaille ici sont exactement les mêmes que ceux d’un producteur européen », conclut-il.

Baisse de tarifs douaniers sur les fruits et le café

Au-delà des jus d’orange, les exportations de fruits et de cafés verront aussi leurs tarifs douaniers baisser progressivement, tandis que les secteurs de la viande brésilienne devront suivre des quotas.

« D’un côté, nous aurons une augmentation de nos exportations, c’est certain, ça fait partie des points de l’accord. Mais pour que nous puissions gagner des marchés, nous allons aussi devoir développer des technologies, ce que je trouve totalement positif parce qu’on investira plus dans ce domaine, et on parviendra à avoir une vision à plus long terme. Donc je pense que c’est une opportunité en or aussi pour que d’autres secteurs se développent en termes de technologie, de qualité, de certifications et autres. C’est pour ça que je suis optimiste face à cet accord », explique Luiz Cornacchioni.

Pour le directeur exécutif de l’Association brésilienne d’agronégoce, l’accord est une vraie avancée pour tout le secteur.

« Le principe de précaution », source d'inquiétude

Une partie de l’agrobusiness brésilien exprime néanmoins son inquiétude vis-à-vis d’un point de l’accord, le « principe de précaution ». Il implique que les États membres pourront bloquer les importations de produits qu’ils estiment dangereux pour « la santé humaine, animale et végétale .»

Si le secteur de la viande ou du soja brésilien craint que ce principe ne soit brandi comme une excuse pour renforcer des barrières commerciales, Angelo Gurgel, économiste spécialiste de l’agrobusiness, le voit plutôt comme un outil positif à l’amélioration des normes brésiliennes.

« Cet accord encourage le Brésil à être plus rigoureux dans son contrôle environnemental. À travers ses lois, ses règles, et son intérêt pour la question. Ça donne des outils pour que le gouvernement brésilien et la société s’organisent pour montrer que l’agronégoce n’est pas en train d’exporter grâce à la déforestation de l’Amazonie, que les produits ne sont pas moins chers parce qu’on déforeste ici. Donc ce type d’accord international favorise le contrôle du problème, tandis que sans accord, on n’avance pas. »

Ce vaste accord commercial, qui toucherait près de 770 millions de consommateurs, devra encore être validé par chacun des 28 États membres de l’Union européenne et ratifié par le Parlement européen. Un processus qui pourrait prendre encore plusieurs mois, voire quelques années.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.