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UE / Mercosur

Traité UE-Mercosur: pourquoi cet éleveur sarthois s'y oppose

Des vaches Salers, à Mandailles-Saint-Julien, dans le Cantal (centre de la France).
Des vaches Salers, à Mandailles-Saint-Julien, dans le Cantal (centre de la France). THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les pays du marché commun sud-américain se rassemblent à Santa Fé en Argentine, pour le 54ème sommet du Mercosur. L'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay devraient largement évoquer l'accord de libre-échange conclu avec l'Union européenne. Ce texte prévoit l'abolissement des droits de douane pour les voitures et le vin européens, et pour certains produits agricoles d'Amérique latine : le boeuf, la volaille, les céréales et la betterave en premier chef. En France, les agriculteurs réclament la non-ratification de cet accord, qu'ils voient comme une menace pour leur métier. Reportage dans un élevage sarthois, dans l'ouest de la France.

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La ferme de la Morinière se niche entre les champs et les plants de lavande. Eric Loyau y élève une trentaine de vaches Salers. « Chez nous, les vaches sont aux champs du 1er avril au 1er novembre. Donc là on ne va pas les voir, elles sont de l'autre côté de la haie. Moi, mes vaches elles ont entre 12 et 15 m² chacune, donc elles ont de l'espace, du bien-être. Tout est né, élevé sur l'exploitation », met-il en avant.

Ces conditions, on ne les retrouve pas, selon lui, dans les pays du Mercosur, qui vont pouvoir exporter 160 000 tonnes de viande bovine. C'est près de la moitié des importations européennes. Ceci, alors que la demande pour une viande bien élevée augmente. « Je pense que tout agriculteur français n'est pas contre de monter en gamme, par contre ça demande plus de main d'oeuvre, ça demande plus de temps, et on sait que le consommateur veut du bio mais au final ils vont au moins cher. »

Eric Loyau vend à des particuliers et aux cantines scolaires de la Sarthe et refuse d'être mis en concurrence avec ces nouveaux produits. « C'est pas comparable du tout. La traçabilité va arriver quand ils vont arriver sur le sol français. Ca va venir inonder le marché français, européen et les prix vont chuter. Si on ne peut plus vendre notre viande, nos produits, je vais être obligé de me séparer de mon salarié et pourtant il y a du boulot pour deux. »

Pour s'en sortir, l'agriculteur devrait vendre son kilo de boeuf entre 5 et 6 euros. « on en est déjà loin », soupire-t-il.

Sa demande aujourd'hui : que le Parlement français ne ratifie pas l'accord.


Le sucre concerné au premier chef

Cet accord prévoit entre autres l'importation dans l'UE de 180 000 tonnes de sucre, principalement en provenance du Brésil, sans droit de douane. Les betteraviers français s'estiment menacés par ces nouvelles importations et demandent à ce que l'accord ne soit pas ratifié. Timothé Masson est économiste au sein de la Confédération générale des planteurs de betterave. Contrairement à la filière bovine ou volaille, pour le sucre ce seront surtout les Français qui seront pénalisés selon lui.

Ce sucre brésilien à qui on a accordé l'entrée sans droits de douane, ce n'est pas du sucre que l'on va retrouver en France. On va le retrouver ailleurs en Europe, chez nos clients traditionnels : en Italie, en Espagne, ou au Royaume-Uni, qui d'ordinaire sont approvisionnés par la France. C'est donc des clients en moins pour la France. Et c'est pour ça qu'on a d'ailleurs des pays qui sont plutôt favorables au Mercosur au sein de l'Europe parce qu'ils voient là un moyen de s'approvisionner moins cher en sucre au détriment du sucre français. Ce sont des pays raffineurs : ils importent du sucre roux, ils le raffinent en sucre blanc.

Timothé Masson

→ Lire aussi : La filière sucrière malmenée en Europe

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