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Trump / États-Unis

«Renvoyez-la!»: Trump prend ses distances avec les slogans de ses partisans

Donald Trump à Greenville en Caroline du Nord, 17 juillet 2019.
Donald Trump à Greenville en Caroline du Nord, 17 juillet 2019. Reuters
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Lors d’un meeting de campagne mercredi 17 juillet, la foule a crié « Renvoyez-la !» à l’évocation de la représentante au Congrès Ilhan Omar, l'une des cibles des attaques verbales de Donald Trump depuis quelques jours. Le lendemain, le président américain a affirmé n’être « pas d’accord » avec les slogans scandés.

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Avec notre correspondant aux États-Unis, Thomas Harms

Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi 18 juillet qu'il désapprouvait les slogans scandés la veille lors de son meeting à Greenville, en Caroline du Nord, où la foule avait crié « Renvoyez-la ! » à l'évocation d'Ilhan Omar, fille de réfugiés somaliens élue au Congrès en 2018.

« Cela ne m'a pas plu. Je ne suis pas d'accord avec cela », a déclaré Donald Trump, qui a écouté la veille au soir la foule reprendre cette formule à plusieurs reprises sans dire un mot. Lorsque les slogans se sont arrêtés, il a repris ses attaques verbales.

Le locataire de la Maison Blanche a aussi assuré, contre toute évidence, qu'il avait essayé d'interrompre ces chants. « J'ai commencé à parler très rapidement », a-t-il avancé.

Des attaques depuis plusieurs jours

Le président a déclenché la controverse le week-end dernier en ciblant sur Twitter quatre élues démocrates à qui il demandait de « retourner » d'où elles viennent, des propos qu'il a renouvelés devant les journalistes lundi 15 juillet à la Maison Blanche.

Ses critiques visent Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib. Ocasio-Cortez, Pressley et Tlaib sont toutes nées aux États-Unis. Omar, une réfugiée somalienne, est installée aux États-Unis depuis plus de vingt ans. Elle a été élue au Congrès en 2018.

Lors de son discours mercredi 17 juillet, Donald Trump s'en est de nouveau pris aux quatre élues progressistes pendant vingt minutes, sur les 90 qu'a duré son discours, les invitant à quitter le pays si elles n'aimaient pas sa politique.

Une rhétorique qui choque

Des politologues parlent d’une violence verbale copiée sur celle des nationalistes blancs et qui ressemble à celle de l’époque de Martin Luther King. Les slogans rappellent aussi ceux prononcés lors de la campagne de 2016, où la foule criait « Enfermez-la » à propos de la candidate démocrate Hillary Clinton.

S'exprimant plus tard devant des journalistes, Ilhan Omar a déclaré que Trump « crachait de l'idéologie fasciste sur scène, disant à des citoyens américains de retourner chez eux parce qu'ils ne sont pas d'accord avec ses politiques néfastes pour notre pays ».

À ce jour, une quarantaine d'élus républicains ont critiqué les déclarations de Trump et ont manifesté leur inquiétude. « Nous ne pouvons pas être définis par cela », a déclaré le représentant conservateur Mark Walker, ajoutant que les dirigeants républicains à la Chambre des représentants avaient discuté des risques politiques potentiels lors d'un petit-déjeuner avec le vice-président Mike Pence.

Face à la polémique, Angela Merkel a critiqué vendredi 19 juillet de façon très directe les attaques du président américain contre les élues démocrates. La chancelière allemande a ainsi tranché avec sa retenue habituelle, surtout lorsque la politique intérieure d'autres pays est concernée.

Je veux me désolidariser fermement de ces attaques, je suis solidaire de ces femmes. La grandeur des États-Unis, pour moi, vient du fait que des personnes d’origines très différentes contribuent au rayonnement de ce pays. Les déclarations du président Trump contredisent ma vision des États-Unis et remettent en cause la grandeur de cette nation.

La chancelière allemande Angela Merkel dénonce les attaques de Trump contre quatre élues démocrates

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