États-Unis / Guatemala

Trump annonce un accord migratoire avec le Guatemala, qui devient un pays «sûr»

Le président américaine Donald Trump parle aux médias dans le Bureau oval, aux côtés des secrétaire gatémaltèque et américain de l'Intérieur, le 26 juillet 2019.
Le président américaine Donald Trump parle aux médias dans le Bureau oval, aux côtés des secrétaire gatémaltèque et américain de l'Intérieur, le 26 juillet 2019. REUTERS/Leah Millis

Face aux menaces de Donald Trump de sanctions commerciales, le Guatemala a finalement accepté vendredi 26 juillet de signer un accord avec les États-Unis qui le convertit en un « pays tiers sûr ». Washington veut réduire les demandes d’asile des Centraméricains.

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Avec notre correspondant dans la région, Patrick-John Buffe

Une fois encore, Donald Trump a recouru aux pressions pour obtenir ce qu’il cherchait : imposer au Guatemala le statut de « pays tiers sûr ». Cela signifie qu’à l’avenir, le gouvernement guatémaltèque devra obliger les migrants honduriens et salvadoriens qui traversent son territoire de déposer une demande d’asile au Guatemala et non pas aux États-Unis.

Le président guatémaltèque sortant Jimmy Morales aurait déjà dû signer cet accord à la mi-juillet. Mais il avait dû annuler son voyage à Washington suite à un arrêt de la Cour constitutionnelle l’empêchant de prendre un tel engagement sans l'accord du Parlement. D’où la réaction furibonde de Donald Trump, qui menaçait alors d’augmenter les taxes douanières sur les exportations du Guatemala.

La signature à la Maison Blanche de cet accord a pris par surprise les Guatémaltèques qui s’y opposent. Ceux-ci estiment non seulement que leur pays n’est pas un pays sûr, mais qu’en plus, il n’a pas la capacité d’accueillir 100 000 demandeurs d’asile par an. Des migrants qui de toute façon ne veulent pas rester au Guatemala, et qui n’ont qu’une envie : se rendre aux États-Unis.

Le Guatemala, un pays sûr ?

Si le président américain se réjouit et promet qu'il garantira la sécurité aux demandeurs d'asile légitimes tout en mettant fin aux fraudes et au business des trafiquants, cela ne signifie par pour autant que le Guatemala est un « pays sûr », rappelle Pablo Solares, avocat spécialiste des migrations.

« L'Etat guatémaltèque n’a déjà pas la capacité de fournir des conditions de vie et une sécurité minimales à sa propre population, c’est pourquoi beaucoup de Guatemaltèques quittent le pays. Il n'a pas non plus un nombre suffisant de policiers pour garantir la sécurité sur la totalité de son territoire national et ne sera donc pas en mesure de contrôler les flux migratoires internationaux qui traversent le pays. Le Guatemala ne pourra pas contrôler le nombre de personnes qui quittent le pays et encore moins celui qui transite par le pays. »

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