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Brésil: la Cour suprême interpelle Jair Bolsonaro

Le président Jair Bolsonaro, le 13 juin 2019.
Le président Jair Bolsonaro, le 13 juin 2019. REUTERS/Adriano Machado
Texte par : Martin Bernard
3 mn

Le président d’extrême droite a 15 jours pour expliquer les propos ambigus concernant un militant de gauche disparu sous la dictature militaire en 1973. Une affaire vieille de près d’un demi siècle.

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De toute évidence, Jair Bolsonaro a ressorti cette histoire pour atteindre l’actuel président de l’Ordre des avocats, Felipe Santa Cruz, qui est le fils de ce disparu politique. Selon le président, ce militant de la gauche catholique n’aurait pas été tué par le régime militaire, mais par ses propres camarades de l’Action populaire. Jair Bolsonaro soutient mordicus cette version, tout à fait inédite, alors que l’État a mené une enquête officielle (à travers une Commission de vérité), et vient de délivrer un acte de décès en reconnaissant que ce militant avait été tué par la dictature.

Il y a ceux qui s’interrogent : pourquoi Bolsonaro veut-il rouvrir ses vieilles blessures ? Et il y a ceux qui s’indignent : certains juristes pensent que le président a commis une faute grave, et qu’il est passible d’une procédure de destitution !

« Verborragie »

Mais cette procédure a peu de chances d’aboutir, car cela dépend du Congrès. Mais ce qui inquiète, c’est que Bolsonaro semble atteint d’une sorte de « verborragie ». Il multiplie les déclarations à l’emporte-pièce. En l’espace de quelques jours, il a s'en est pris à une journaliste qui a été torturée et emprisonnée pendant la dictature alors qu'elle était enceinte; il a menacé de mettre en prison un journaliste américain...

Et il a aussi remis en cause les chiffres officiels de la déforestation de l’Amazonie. Il vient d'ailleurs de renvoyer le président de l’agence scientifique chargée de ce dossier. Il le soupçonnait de travailler pour le compte d'une sorte d'« ennemis de l'intérieur ».

Rencontre avortée avec Le Drian

Il y a également eu un incident diplomatique franco-brésilien cette semaine, là encore en raison de l'environnement. Le président brésilien a annulé en dernière minute un rendez-vous avec Jean-Yves Le Drian, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, et au lieu de voir le chef de la diplomatie française, est allé se faire couper les cheveux. En fait, Jair Bolsonaro était fâché parce que Le Drian avait rencontré des écologistes brésiliens pour parler développement durable (y compris des questions à l'Amazonie), ce qui lui a paru être une sorte de crime de lèse majesté.

Un Bolsonaro imprévisible, incontrôlable même, selon certains... même les généraux qui l'entourent au pouvoir sont parfois surpris par cette volonté de coller à la frange la plus radicale de son électorat. Personne, désormais, ne semble pouvoir arrêter Jair Bolsonaro.

 

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