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Cuba/États-Unis

Cuba dénonce la pression accrue des États-Unis après l’expulsion de deux diplomates

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, en octobre 2017.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, en octobre 2017. REUTERS/Yuri Gripas
Texte par : RFI Suivre
4 mn

À quelques jours de la tenue de l’Assemblée générale des Nations unies, Washington expulse deux diplomates cubains. Selon les autorités américaines, ils sont accusés « d’atteinte à la sécurité nationale ». Les autres membres de la mission cubaine à l’ONU sont priés de rester à Manhattan, où se trouve le siège de l’organisation internationale. Une mesure vivement dénoncée à La Havane où le ministre des Affaires étrangères cubain dénonce une pression accrue de la part des États-Unis.

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Avec notre correspondante à La Havane, Domitille Piron

Le ministre des Affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez, a dénoncé aujourd’hui une action injustifiée, illégitime, visant à calomnier les diplomates expulsés et la mission de Cuba à l’ONU.

Il a rappelé que la manière dont cette expulsion avait été annoncée à travers un Tweet, avant même d’en informer les principaux intéressés, avait été bien peu appréciée de La Havane.

Le ministre a également fait savoir que Cuba réagirait en temps voulu, sans trop de précision pour le moment.

À présent, Cuba espère vivement une réaction de la communauté internationale, en rappelant que l’expulsion de ses émissaires en mission aux Nations unies est une violation des règles diplomatiques. Le siège de l’ONU étant à New York, les États-Unis ont, en principe, l’obligation d’accorder des visas aux États qui en font la demande.

Selon Bruno Rodriguez, cette décision fait partie d’un ensemble de mesures visant à accentuer la pression sur Cuba, alors que le pays affronte actuellement une grave crise d’approvisionnement de pétrole, en raison notamment du blocus américain.

Le ministre des Affaires étrangères cubain estime que ces tensions accrues sont liées à un agenda électoral du président Donald Trump et pourraient aboutir à une rupture des relations diplomatiques.


Reportage: importante pénurie de carburant

Cuba et le retour de la période spéciale ? C’est en tout cas une crainte de la population, face à la situation dans laquelle se trouve le pays actuellement. Des mesures « conjoncturelles » ont été adoptées depuis une semaine par le gouvernement pour faire face à la pénurie de carburant. Une pénurie que La Havane explique et justifie par la recrudescence des actions américaines contre Cuba.

Aux pompes à essence de la capitale, les files d’attente se mesurent en centaine de mètres. La pénurie concerne pour l’instant l’essence et non pas le diesel, pas de chance pour Reiner, dans sa Moskovitch rouge des années 1970, voilà quatre heures qu’il pousse doucement, mais patiemment sa voiture jusqu’à la pompe. « Ce n’est pas normal, mais c’est le fruit du blocus américain parce qu’avant, il y a quelques jours, ce n’était pas comme ça, déplore-t-il. Mais j’espère que la situation s’améliore. Mais ça ne va pas durer, ce n’est qu’une étape qui va être résolue rapidement. »

Le gouvernement qualifie effectivement cette crise de conjoncturelle, mais les mesures d’économie appliquées depuis une semaine rappellent à certains hors micro la période spéciale, ayant suivi la chute de l’URSS.

« On connaît la chanson », disent les Cubains qui voient leurs transports publics divisés de moitié, les administrations, écoles et entreprises publiques aux horaires réduits, et parfois coupés d’électricité plusieurs heures dans la journée, et l’agriculture en revenir à la force animale.

Pour l’instant les foyers cubains sont préservés des coupures de courant, mais c’est un pays qui tourne au ralenti et cette situation est expliquée ici par les sanctions américaines frappant les navires chargés d’acheminer le pétrole vénézuélien jusqu’à Cuba.

Le gouvernement dénonçait encore ce vendredi « l'acharnement, l’intensité et l’agressivité » des mesures américaines.

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