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Pérou

Pérou: le Parlement dissous, le président suspendu de ses fonctions

Des manifestants demandant la dissolution du Congrès, en soutien au président Martin Vizcarra, à Lima, le 30 septembre.
Des manifestants demandant la dissolution du Congrès, en soutien au président Martin Vizcarra, à Lima, le 30 septembre. Cris Bouroncle / AFP
Texte par : RFI Suivre
10 mn

Lundi 30 septembre, au soir, alors que les parlementaires s'apprêtaient à voter la confiance au président, ce dernier a décidé de dissoudre le Congrès et de convoquer de nouvelles élections législatives. En réaction, Martin Vizcarra a été suspendu par les parlementaires.

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Avec nos correspondants, Wyloën Munhoz-Boillot et Éric Samson

La confusion politique règne ce mardi 1er octobre au Pérou où le chef de l'État, Martin Vizcarra, a prononcé la dissolution du Parlement dominé par l'opposition fujimoriste, lequel a riposté en le suspendant pour un an et en nommant une présidente intérimaire.

Dans un discours télévisé à la nation, M. Vizcarra a commencé par annoncer la dissolution du Parlement, une première au Pérou depuis 1992, et la convocation d'élections législatives anticipées le 26 janvier. Un soulagement pour une grande partie des Péruviens, qui étaient des milliers à défiler dans les rues de Lima pour célébrer la décision du président de dissoudre le Congrès.

« On l’a fait ! »

« Si se pudo ». « On l’a fait ! » scandaient les manifestants rassemblés place San Martin, en plein cœur de Lima, rapporte notre correspondante à LimaWyloën Munhoz-Boillot. Soulagés et heureux que le président Martin Vizcarra ait finalement dissous le Congrès. « On est heureux parce qu’on va pouvoir enfin revenir à une démocratie sans corruption », dit Maria Elena.

Mettre un terme à la corruption, c’est ce que demandaient ces Péruviens mobilisés depuis plusieurs semaines. Certains, comme cette retraitée, ont d’ailleurs passé la journée devant le Congrès pour exiger la fin de sa domination par les députés fujimoristes. « En ce jour, on fête la démocratie. En 1995, Alberto Fujimori était réélu président de manière frauduleuse, mais grâce au ciel, Martin Vizcarra a dissous ce Congrès dominé par ces misérables fujimoristes », poursuit-elle.

►À lire aussi : Le Pérou n'avait jamais été en démocratie aussi longtemps sans interruption

C’est dans une ambiance festive, au rythme des tambours et des slogans, que le cortège a traversé le centre-ville. Au fur et à mesure, des citoyens de tous âges sont venus grossir les rangs.

« Nous, les jeunes, allons pouvoir enfin construire notre futur. Les parlementaires nous l’avaient volé, mais maintenant cela dépend de nous et non plus de nos politiques corrompus », dit Ursula, 25 ans.

La vice-présidente désignée par le Parlement

En réaction à la dissolution du Congrès, les parlementaires fujimoristes ont voté la suspension pour un an du président Vizcarra pour « incapacité temporaire ». C’est la 2eme vice-présidente Mercedes Araoz qui le remplace. La crise politique atteint de nouveaux sommets dans ce pays andin où deux présidents revendiquent le pouvoir.

Mais Martin Vizcarra n’est pas non plus resté les bras croisés, précise notre correspondant régional, Éric Samson. Il a nommé un nouveau président du Conseil des Ministres, maintenu sa décision d’organiser de nouvelles élections législatives pour remplacer des députés très largement discrédités dans le pays et n’a pas quitté le palais présidentiel, refusant ainsi symboliquement sa suspension.

Grande popularité présidentielle

Les fujimorises détiennent actuellement la majorité parlementaire mais, en dégringolade dans les sondages, ils redoutent la perspective d'élections anticipées. Martin Vizcarra, au contraire, jouit d'une forte popularité en raison de son intransigeance face à l'opposition.

Cet ingénieur de 56 ans a succédé en 2018 à Pedro Pablo Kuczynski, dont il était le vice-président, acculé à la démission en raison de soupçons de corruption.

 

Les Péruviens sont vraiment excédés par les scandales de corruption qui touchent la magistrature et les partis politiques traditionnels...

Lisselle Quiroz, historienne et professeur à l'université de Rouen

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