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États-Unis

États-Unis: Trump brandit l’arme des sanctions pour arrêter l’offensive turque

Donald Trump photographié à Lake Charles en Louisiane, le 11 octobre 2019.
Donald Trump photographié à Lake Charles en Louisiane, le 11 octobre 2019. REUTERS/Leah Millis
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Donald Trump demande au président turc de retirer ses forces de Syrie et de décréter un cessez-le-feu immédiat. Les États-Unis ont imposé ce lundi 14 octobre des sanctions contre la Turquie pour tenter de convaincre Ankara de mettre un terme à son offensive. Mais ce mardi, le président turc Recep Tayyip Erdogan assuree qu'il ira « jusqu'à ce que les objectifs soient atteints ».

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Avec nos correspondantes à Washington et à Istanbul, Anne Corpet et Anne Andlauer

Le président américain, celui-là même qui, en retirant ses troupes du nord de la Syrie, a rendu possible l’offensive, veut désormais punir Recep Tayyip Erdogan pour avoir « dépassé les bornes », pour reprendre les termes du locataire de la Maison Blanche. Des bornes que Donald Trump n’a jamais clairement définies mais il semble que le président turc les ait dépassées en décidant d’étendre son offensive vers l’ouest, vers Manbij et Kobané. 

Annoncées sur Twitter par Donald Trump et confirmées dans la foulée par la signature d’un décret présidentiel, les sanctions frappent les membres du gouvernement et les institutions turcs impliqués dans l’offensive en Syrie. Leurs avoirs aux États-Unis sont gelés et leur accès au système bancaire américain bloqué. Ils ont aussi l'interdiction d’entrer aux États-Unis. Les ministres de la Défense, de l’Énergie et de l’Intérieur sont notamment visés.

Donald Trump porte aussi à 50% les taxes sur l’acier turc contre 25% actuellement. Il suspend, enfin, les négociations sur un accord commercial turco-américain.

Mike Pence prochainement en Turquie

Mais ce n’est qu’une première étape, prévient le vice-président Mike Pence. « L’objectif du président est très clair : les sanctions annoncées aujourd’hui vont se poursuivre et se renforcer à moins que la Turquie n’impose un cessez-le-feu immédiat, mette fin aux violences et accepte de négocier un accord à long terme pour régler la situation à la frontière entre la Turquie et la Syrie, déclare-t-il. Laissez-moi vous dire que le président n’aurait pas pu être plus ferme avec le président Erdogan aujourd’hui. »

Le vice-président a annoncé son départ prochain en Turquie pour tenter de négocier un cessez-le-feu au nord-est de la Syrie. Le secrétaire à la Défense va, lui, se rendre à Bruxelles pour consulter les alliés de l’Otan sur d’éventuelles mesures punitives à l’encontre de la Turquie, un État membre de l’alliance. En attendant, le Pentagone a confirmé l’évacuation des soldats américains de la zone. Une décision qui suscite toujours la colère du camp républicain.

Dans une rare rebuffade contre le président, le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell estime que le retrait américain ne sert pas les intérêts des États-Unis.

Erdogan inflexible

L’Union européenne a, elle aussi, adopté des mesures économiques, lundi 14 octobre, contre Ankara.  Mais le président turc se dit inflexible. Il le dit tous les jours, il l’a redit : « Nous sommes décidés à mener notre offensive à terme. Nous finirons ce que nous avons commencé ».

Le risque pour l’économie turque, pourtant, est bien réel. Tout le monde, dans le pays, a en mémoire la crise diplomatique d’août 2018, provoquée par la détention d’un pasteur américain. À l’époque, un seul tweet de Donald Trump et des sanctions très similaires à celles qu’il a prises ce lundi, avaient suffi à déstabiliser l’économie locale, faisant dégringoler la livre turque de près de 40% par rapport au dollar.

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