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Chili

Chili: Piñera remanie son gouvernement, nouvelles explosions de violences

Un immeuble du centre de Santiago a été incendié pendant les manifestations, le 28 octobre 2019.
Un immeuble du centre de Santiago a été incendié pendant les manifestations, le 28 octobre 2019. REUTERS/Henry Romero
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Comme promis, et au 11e jour d'un mouvement social d'une ampleur jamais vue au Chili depuis plus de trente ans, le président Piñera a présenté ce lundi son nouveau gouvernement. Le président de droite, dont beaucoup de manifestants réclament la démission, se sépare des figures les plus contestées.

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Avec notre correspondante à Santiago, Justine Fontaine

Sebastian Piñera a dû se séparer de son ministre de l'Intérieur et bras droit, son cousin Andres Chadwick Piñera, fortement contesté à cause du lourd bilan des manifestations au Chili, notamment les plus de 1 000 blessés, la plupart touchés par des projectiles anti émeutes ou des balles des forces de l'ordre.

Le mouvement social a éclaté en réaction à la hausse du prix du ticket de métro : et donc sans surprise, la ministre des Transports est elle aussi écartée de l'exécutif. Le ministre de l'Économie, qui dans une interview avait invité les Chiliens à se lever plus tôt pour bénéficier d'un tarif réduit dans le métro aux heures creuses, quitte lui aussi le gouvernement.

Au final, cinq ministres sortent et sont remplacés par des figures souvent plus jeunes, assez libérales d'un point de vue économique. Sebastian Piñera ne fait pas entrer de personnalités qui seraient issues d'une aile plus sociale de sa coalition, sauf peut-être la nouvelle ministre du Travail. Et cela alors que les manifestants qui sont descendus en masse dans les rues au Chili demandent des réformes sociales profondes, et d'en finir avec l'héritage ultralibéral laissé par la dictature du général Pinochet.

Le président annonce par ailleurs le lancement d'un grand dialogue national. « Le grand défi qui se trouve devant nous est d'apprendre la leçon de ces deux dernières semaines, et écouter le message fort et profond des gens. C'est pourquoi j'ai demandé au ministre du Développement et des Affaires sociales de contribuer à organiser un dialogue national aux quatre coins du pays, dans toutes les communes. » Le président n'a pas donné plus de précisions.

Les Chiliens pas dupes

Cette annonce, tout comme le remaniement, n'a pas convaincu les Chiliens, comme Catalina Contreras, qui travaille dans un hôpital : « Ce sont les mêmes personnes quasiment, car ils viennent des mêmes partis politiques que les autres : c'est juste un tour de passe-passe. Le gouvernement a essayé de mettre en avant des visages plus jeunes, mais je trouve que davantage de ministres auraient dû partir. »

D'autres personnes interrogées ce lundi affirment qu'elles souhaitent de profondes réformes des services publics, notamment du système de santé et de retraites. Elles appellent aussi à une Assemblée constituante, pour remplacer la Constitution héritée de la dictature, et plusieurs fois amendée depuis le retour à la démocratie.

En levant l'état d'urgence et en acceptant la démission de plusieurs ministres contestés de son gouvernement, comme le ministre de l'intérieur ou encore le ministre de l'économie, le président espérait apaiser les esprits. tout porte à croire que cela n'a pas suffi : 10 000 personnes se sont réunies une nouvelle fois à Santiago et dans plusieurs villes du pays, en demandant la démission du président et en exigeant des réformes profondes contre les inégalités.

Après ces déclarations, des affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre, dans le centre de la capitale, non loin du palais présidentiel de La Moneda. Quelques heures à peine après la levée de l'État d'urgence.

Un rassemblement pacifique de plusieurs milliers de personnes sur la Plaza Italia, devenue l'épicentre des manifestations depuis le début de la contestation sociale, a progressivement laissé place à de violents heurts, alors que des groupes de protestataires radicaux souhaitaient se rendre jusqu'au siège du gouvernement.

Un violent incendie a embrasé un immeuble abritant un centre commercial du centre-ville. D'autres heurts ont été signalés à Valparaiso et Concepcion où la police a fait usage de gaz lacrymogène et de tirs de type flashball.

La nouvelle porte-parole du gouvernement a fustigé des « destructions » commises par « un petit groupe de personnes qui croit en la violence », dit-elle.
Les manifestants, pour la plupart pacifiques, répètent depuis plusieurs jours qu'ils ne veulent pas d'un « retour à la normale : nous voulons du changement » expliquent-ils.

De nouvelles manifestations sont prévues dès ce mardi.

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