Venezuela / Monnaies

[Reportage] Venezuela: le boom du dollar

Un vendeur de coquelicots sur un marché de Caracas, le 16 février 2019.
Un vendeur de coquelicots sur un marché de Caracas, le 16 février 2019. Valery Sharifulin\TASS via Getty Images

Selon une étude du consultant vénézuélien Ecoanalítica, un peu plus de la moitié des transactions du pays se font en divises étrangères, principalement en dollars, mais aussi en euros. Officiellement, les transactions en devises ne sont pas autorisées au Venezuela, mais avec l’hyperinflation, il est de plus en plus compliqué de payer en bolivars, la monnaie nationale. Reportage.

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Avec notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille

En plein milieu du marché couvert de Chacao, Jose affiche deux prix pour ses œufs : l’un en bolivar, l’autre en dollar. Il le fait, car de plus en plus de clients utilisent des devises étrangères : « Ça fait six, sept mois, peut-être un an maximum. Il n’y a plus de liquide en bolivars, les cartes bleues fonctionnent mal, donc autant utiliser des dollars. »

Hector et sa femme Delcy glissent justement quelques billets verts à leur marchand de légumes. Mais ils assurent ne pas tout payer en dollars : « Ça dépend du taux de change que propose le commerçant. Parfois il est bon et ça vaut le coup, parfois non. Désormais, il y a des supermarchés où, à la caisse, ils n’acceptent que des dollars ou des euros. »

Ce qui les étonne, c’est la quantité de devises qu’on trouve dans la rue. Eux reçoivent des dollars de leur fille qui vit à l’étranger, mais ce sont des quantités très limitées : « Ce qui se dit, c’est que des gens liés au gouvernement font entrer beaucoup de dollars en liquide. »

Difficile de savoir, mais une chose est sûre pour Adrian, le marchand de légumes, les bolivars sont en train de disparaître : « S’ils peuvent, les gens préfèrent avoir des dollars plutôt que des bolivars parce que cette monnaie n’est pas touchée par l’inflation, ses prix restent stables. »

Ce n’est pas totalement vrai : selon Ecoanalitica, les prix en dollars ont été multipliés par cinq depuis janvier. C’est paradoxal, mais le billet vert est tellement recherché que sa valeur augmente, et la tendance n’est pas prête de s’inverser.

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