Chili

Chili: plus de 2500 manifestants blessés depuis le début de la contestation

Un homme blessé par des billes en plastiques lestées de métal utilisées par la police attend d'être pris en charge dans un hôpital de Santiago le 12 novembre 2019.
Un homme blessé par des billes en plastiques lestées de métal utilisées par la police attend d'être pris en charge dans un hôpital de Santiago le 12 novembre 2019. REUTERS/Jorge Silva

Plus de 150 000 personnes ont manifesté ce mardi à Santiago et dans de nombreuses villes du Chili pour demander une Assemblée constituante et de profondes réformes sociales dans le pays. Un rassemblement de soutien à un étudiant blessé à l’œil était également organisé devant un hôpital de Santiago.

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Avec notre correspondante à Santiago, Justice Fontaine

Le bilan humain est lourd depuis le début du mouvement social qui secoue actuellement le Chili. Au moins cinq personnes auraient été tuées par la police en l'espace d'un mois, plus de 2 500 autres ont été blessées et au moins 200 ont été touchées à l'œil par des projectiles des forces de l'ordre, un record mondial.

« Ils ont visé sa tête », crient des proches de Vicente Munoz, venus soutenir cet étudiant en théâtre blessé lors d'une manifestation lundi soir. À la sortie de l'hôpital El Salvador, où le jeune homme a été opéré, sa sœur Catalina témoigne. « Il a été agressé par les policiers, qui, à deux mètres de lui, ont tiré des billes en plastique dans tout son corps : son bras, ses épaules, et il en a aussi reçu une dans l'œil. Il a perdu complètement la vision de l'œil gauche. Il a 18 ans », raconte la jeune femme.

Les cas comme celui de Vicente sont si nombreux que les médecins chiliens parlent d'une épidémie de blessures aux yeux. Les récits des victimes, corroborés parfois par des vidéos, montrent que la police ne respecte pas son propre règlement intérieur en la matière.

« Plutôt que d'appeler les manifestants à utiliser des lunettes de protection, nous demandons au président et au ministère de l'intérieur d'ordonner à la police de ne plus utiliser ce type de munitions », a déclaré Ana Maria Arriagada qui fait partie du syndicat national des médecins, ultra majoritaire au Chili.

Le gouvernement a promis cette semaine de financer tous les soins médicaux des personnes blessées aux yeux lors des manifestations. Mais il refuse pour l'instant d'interdire à la police l'usage de ces billes en plastique lestées de métal.

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