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Etats-Unis

Destitution: Trump riposte en direct à l’ex-ambassadrice américaine en Ukraine

Marie Yovanovitch à Washington le 15 novembre 2019.
Marie Yovanovitch à Washington le 15 novembre 2019. REUTERS/Sarah Silbiger
Texte par : RFI Suivre
2 min

Une passe d’armes entre le président américain et l’ambassadrice en Ukraine qu’il a limogée, c’est ce à quoi on a assisté vendredi au Congrès lors de l’audition de Marie Yovanovitch dans le cadre de la procédure de destitution. Le témoignage de cette diplomate respectée a été troublé par les attaques du président à son encontre sur Twitter.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

Il faut dire que c’est assez stupéfiant. Alors même que l’ancienne ambassadrice en Ukraine livrait un témoignage très fort sur la manière dont elle a été limogée, le président l’a personnellement attaquée sur Twitter : « Partout où Maria Yovanovitch est allée, les choses ont mal tourné », écrit Donald Trump avant de citer en exemple la Somalie où elle a été en poste.

Le démocrate Adam Schiff a fait lecture de ce message pendant l’audition et a demandé à l’ancienne ambassadrice ce qu’elle en pensait. « C’est très intimidant », a déclaré Marie Yovanovitch. Ce à quoi le chef de la commission du renseignement qui dirige les débats a répondu : « Sachez qu’ici nous prenons les tentatives d’intimidation des témoins très au sérieux ».

→ À écouter aussi : Donald Trump risque-t-il d'être destitué?

Cette intervention de Donald Trump, outre qu’elle risque de susciter un nouvel élément à charge sur  l’acte d’accusation, ne fait qu’attirer l’attention sur la prestation remarquable de l’ancienne ambassadrice en Ukraine.

Diplomate reconnue, elle a assuré avoir perdu son poste du fait des manœuvres de l’avocat personnel du président, Rudolf Giuliani, allié aux Ukrainiens corrompus que combattait justement l’administration américaine. « Si les rumeurs infondées propagées par des puissances étrangères parviennent à faire tomber des ambassadeurs qu’est-ce que cela signifie pour notre avenir ? » a-t-elle interrogé avant d’assurer : « Si les puissances étrangères ont ce pouvoir, elles l’utiliseront. »

Marie Yvanovitch a quitté le Congrès sous les applaudissements du public.

Les attaques du président sur un témoin aujourd’hui ne sont pas un acte isolé. C’est la pratique habituelle du président. Il a adressé ses félicitations à Paul Manafort quand il a refusé de témoigner, il a qualifié Michael Cohen de rat parce qu’il coopérait avec les autorités, attaqué d’autres témoins qui se présentaient, en suggérant que ceux qui comme le lanceur d’alerte se signalent auprès de l’administration sont des traitres et des espions, alors qu’on exécutait les traitres et les espions. C’est une pratique destinée à intimider les témoins, et c’est aussi une manière de faire obstruction à l’enquête, de faire obstruction à la justice. Et donc nous devons considérer l’action du président comme partie intégrante d’un schéma plus large de pratiques compromettantes.

Adam Schiff

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