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Uruguay

Uruguay: une campagne électorale dans un contexte régional mouvementé

Les partisans de Daniel Martinez, de la coalition politique de gauche Frente Amplio à Montevideo, le 27 octobre 2019.
Les partisans de Daniel Martinez, de la coalition politique de gauche Frente Amplio à Montevideo, le 27 octobre 2019. PABLO PORCIUNCULA / AFP

Dimanche 24 novembre 2019, l'Uruguay choisira son nouveau président. Selon les sondages, c’est la droite qui pourrait l’emporter, après 15 ans de gouvernement de gauche et de Frente Amplio. Une probable alternance qui interviendrait dans un contexte régional mouvementé.

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De notre correspondant à Montevideo,

Entre la révolte au Chili et la démission du président bolivien Evo Morales, les convulsions de la région polarisent le débat électoral. Concernant la démission de M. Morales, la droite met l’accent sur les fraudes qui ont à ses yeux entaché sa réélection, tandis que le Frente Amplio a immédiatement parlé de « coup d’État ».

Alors que 14 personnes ont été tuées depuis la fuite d’Evo Morales au Mexique, Pepe Mujica, président de 2010 à 2015 et en première ligne de la campagne du Frente Amplio, a écrit à la présidente bolivienne par intérim, Jeanine Áñez, pour lui demander de « mettre fin à la répression contre son peuple ».

Cette lettre, qui a largement été diffusée sur les réseaux sociaux, a enflammé les débats : alors que certains y voient la preuve du leadership moral de la gauche uruguayenne, d’autres critiquent M. Mujica pour ne pas avoir envoyé une lettre similaire au président vénézuélien, Nicolas Maduro.

Une position vénézuélienne contestée

La position du gouvernement uruguayen sur le Venezuela, justement, est aussi utilisée par la droite comme un élément à charge contre le Frente Amplio.

Le candidat de la droite et du Partido Nacional, Luis Lacalle Pou, ne manque jamais une occasion de dire la « honte » que lui inspire la position officielle de l’Uruguay vis-à-vis du régime de Nicolas Maduro. On l’a encore vu lors du débat entre candidats à la présidentielle, mercredi dernier.

Depuis le début de la crise, le gouvernement du Frente Amplio a conservé une position neutre ; il refuse de se positionner, que ce soit en faveur de Nicolas Maduro ou du président autoproclamé par intérim, Juan Guaido. Fin septembre, l’Uruguay a été le seul signataire du Traité interaméricain d’assistance réciproque à ne pas avoir voté une résolution contre le régime chaviste, ce qui avait provoqué l’indignation de la droite.

Après la Bolivie et le Venezuela, en octobre, c'est la révolte au Chili contre le président Sebastian Piñera qui a eu des répercussions sur l'Uruguay. Dans ce cas précis, c’est plutôt la gauche qui en a tiré profit. Luis Lacalle Pou et les figures de la droite citaient souvent le Chili comme un exemple à suivre pour l’Uruguay, en termes de développement social et économique.

Quand la contestation a éclaté avec son lot de violences, le Frente Amplio est monté au créneau sur le thème : « Est-ce que c’est vraiment ce que vous voulez pour l’Uruguay ? » De son côté, la droite ne savait plus vraiment sur quel pied danser.

Les conséquences d'une possible victoire de la droite

Même si l’Uruguay est un petit pays, sa situation préoccupe beaucoup dans la région. Le kirchneriste Alberto Fernandez, qui vient d’être élu président en Argentine, s’est affiché avec le candidat de la gauche, Daniel Martinez. L’ex-président brésilien Lula, grande figure de la gauche latino-américaine, a même déclaré peu après sa libération qu’il fallait « demander à Dieu que la gauche l’emporte en Uruguay ».

De fait, il est intéressant de constater qu’avec le départ d’Evo Morales, le Frente Amplio est le dernier représentant de la vague de la « nouvelle gauche latino-américaine » des années 2000, qui a inspiré le parti Podemos en Espagne par exemple.

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