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Brésil/Environnement

Des chiffres inquiétants sur la déforestation au Brésil qui devrait empirer

Zone de déforestation en Amazonie (illustration).
Zone de déforestation en Amazonie (illustration). AFP Photos/RAPHAEL ALVES
Texte par : Martin Bernard
4 mn

Les derniers chiffres officiels de la déforestation indiquent une hausse de 30 % entre août 2018 et juillet 2019 par rapport à l’année précédente. C'est la plus grande superficie détruite depuis 2008 au Brésil. Mais les incendies durant le mois d'août n'ont pas été pris en compte dans l'étude.

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de notre correspondant à São Paulo,

C’est encore une mauvaise nouvelle pour l’Amazonie, mais les spécialistes de la question estiment que le pire est encore à venir. Ces chiffres sont bien sûr considérables : 10 000 km2 de forêts ont été détruits en un an. Mais ces statistiques produites par un système qui s’appelle le Prodes (Projet de Surveillance de la Déforestation de l’Amazonie par Satellite) s’arrêtent précisément en juillet.

Or, la vague incontrôlée d’incendies de forêt et l’explosion de la déforestation, qui a ému toute la planète cet été, s’est produite en août. Les résultats du mois ne sont donc pas pris en compte par les données rendues publiques cette semaine et c’est ce qui fait dire aux spécialistes que les chiffres peuvent être bien plus impressionnants que ceux annoncés.

À lire aussi : Au Brésil, la déforestation a augmenté de 93 % depuis le début de l’année

À l’inverse, si l’on prend du recul, ces chiffres sont largement inférieurs à ceux observés jusqu’en 2005, où la déforestation atteignait 20 000 km2 voire plus.

Vague intérêt du gouvernement Bolsonaro pour l’étude

Au Brésil, d’un côté les écologistes affirment que cela n’est pas étonnant, car le gouvernement de Jair Bolsonaro a affaibli tous les organes de contrôle de la destruction de la forêt, et que donc les exploitants forestiers, les éleveurs et les orpailleurs ont la voie libre. Greenpeace expliquait par exemple que : « Le gouvernement brésilien n’a présenté aucune politique cohérente de protection de la forêt et de ses peuples. Au contraire, il prend le parti de la criminalité environnementale. »

Curieusement, le président Jair Bolsonaro, qui avait déclenché toute la polémique autour de l’Amazonie au mois d’août et qui avait même suscité une crise diplomatique avec la France, ne s’est pas exprimé sur la question. Son ministre de l’Environnement, Ricardo Salles, est resté relativement vague. Il a toutefois convoqué une réunion des gouverneurs des États de la région ce mercredi pour « adopter une stratégie différente », annonce t-il, sans plus de détails.

Plus d’agriculture dans l’Amazonie

Le gouvernement brésilien ne protège pas l’Amazonie contre l’avancée de l’agriculture sur les terres occupées par la forêt. Au contraire, le gouvernement Bolsonaro vient d’autoriser la culture de la canne à sucre en Amazonie alors que cela était interdit depuis dix ans. Le président Bolsonaro a même signé un décret début novembre pour l’autoriser à nouveau.

►À écouter aussi :Aujourd'hui l'économie - Les incendies en Amazonie remettent-ils en cause l’activité de l’agrobusiness brésilien ?

Et puis, il y a la question du soja. Les grands producteurs et les tradings de soja s’étaient engagés depuis plusieurs années à observer un « moratoire » en Amazonie. Ils n’allaient pas vendre ou acheter le soja produit dans la région. Mais cette politique est en train d’être remise en cause par le ministère brésilien de l’Agriculture. Des signes pas très encourageants pour la protection de l’Amazonie donc.

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