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États-Unis

Destitution de Trump: «J’ai bien entendu la voix reconnaissable du président»

David Holmes, diplomate en poste à Kiev, aumoment où il a mimé l'ambassadeur Gordon Sondland en train de recevoir un appel du président Donald Trump. David Holmes et Fiona Hill ont témoigné devant la Chambre des représentants, le 21 novembre 2019.
David Holmes, diplomate en poste à Kiev, aumoment où il a mimé l'ambassadeur Gordon Sondland en train de recevoir un appel du président Donald Trump. David Holmes et Fiona Hill ont témoigné devant la Chambre des représentants, le 21 novembre 2019. REUTERS/Erin Scott
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les auditions publiques dans le cadre de la procédure de destitution lancée contre le président amériain Donald Trump se poursuivent devant le Congrès. Deux diplomates ont témoigné ce jeudi 21 novembre : David Holmes et Fiona Hill. L’un est diplomate en poste à l’ambassade américaine à Kiev, l’autre ancienne membre du conseil national de la sécurité de la Maison Blanche.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

Donald Trump a tenté de mettre à mal le témoignage de David Holmes qui assure avoir entendu la voix du président à travers le téléphone portable d’un témoin clé, Gordon Sondland. « Je n’ai jamais réussi à entendre une conversation qui ne soit pas retransmise sur haut-parleur, essayez de le faire ! » écrit le président.

Mais à l’audience David Holmes a été convaincant : il a mimé Gordon Sondland en train d’écarter le combiné de son oreille tellement Donald Trump parlait fort à l’autre bout de la ligne. « J’ai bien entendu la voix reconnaissable du président qui demandait des nouvelles de l’enquête », a assuré le diplomate.

Plus généralement, les deux témoins entendus ce matin ont raconté les préoccupations des diplomates devant les activités de Rudolf Giuliani en Ukraine, qui, ont-ils déclaré, « nuisaient aux objectifs de la politique américaine ».

Fiona Hill dénonce une « fiction » russe utilisée par Trump

Fiona Hill a vivement dénoncé l’entêtement de l’avocat personnel du président à vouloir obtenir une enquête sur de supposées interférences ukrainiennes dans le scrutin de 2016.  « Cette fiction est dommageable, même si elle servait uniquement des intérêts politiques », a-t-elle déclaré avant d’ajouter à l’adresse des élus républicains :  « Je refuse de participer à un effort qui légitime une narration alternative, selon laquelle l’Ukraine et non la Russie nous a attaqués en 2016 ».  La diplomate a enfin cité John Bolton : « Giuliani est une grenade dégoupillée qui va exploser à la figure de tout le monde » lui a confié l’ex-conseiller national à la sécurité. Et Fiona Hills a commenté : « Je pense que c’est justement ce qui est en train d’arriver ».

Des faits «bien plus graves» que ceux reprochés à Nixon, selon Adam Schiff

L'élu démocrate Adam Schiff, qui supervise l'enquête en destitution contre Donald Trump, a estimé ce jeudi que les faits reprochés au président étaient « bien plus graves » que ceux commis par l'ancien président Richard Nixon, obligé de démissionner pour éviter une destitution en 1974, dans le cadre du scandale du Watergate. « Ce que nous avons ici est bien plus grave qu'un cambriolage de troisième rang d'un QG de campagne démocrate, nous parlons (...) du gel d'une aide militaire à un allié en guerre: cela va bien au-delà de ce que Nixon a fait », a lancé Adam Schiff en clôturant une série d'auditions au Congrès.

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