Revue de Presse des Amériques

À la Une: la Colombie où les citoyens sont encore descendus en masse dans la rue

Des manifestations ont eu lieu à Bogota, en Colombie le 27 novembre 2019.
Des manifestations ont eu lieu à Bogota, en Colombie le 27 novembre 2019. REUTERS/Luisa Gonzalez

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Les manifestations se sont amplifiées au fil des heures et se sont poursuivies jusque tard dans la nuit, rapporte La Republica. « Cela fait une semaine maintenant que les Colombiens descendent dans les rues des principales villes du pays, comme une immense vague de colère contre le gouvernement national », écrit El Tiempo ce matin. « À la tentative du président de trouver une formule de dialogue - acceptable par tous les acteurs pour rechercher un consensus - ses adversaires répondent par l’amplification des manifestations ».

La tâche d'Ivan Duque est d'autant plus ardue qu'il est également visé par des critiques qui émanent de sa propre famille politique. L'aile droite du Centre Démocratique, le parti conservateur, voit d'un très mauvais œil la proposition du président de dialoguer avec les organisateurs de la grève nationale, constate El Colombiano qui poursuit : « L'ancien ministre de l'Intérieur et de la Justice, Fernando Londoño, est même allé jusqu'à suggérer cette semaine la démission du chef d'Etat si celui-ci négociait vraiment avec les leaders de la contestation. Cette fissure qui traverse le parti ne date pas d'hier », rappelle le journal. « Mais face à la mobilisation sociale elle s'aggrave et divise désormais le Centre Démocratique en pro et anti Duque ».

Nouvelles manifestations au Chili

Au Chili aussi de nouvelles manifestations ont eu lieu hier. Les appels à la mobilisation avaient circulé sur les réseaux sociaux. Depuis les premières heures de la journée, des manifestants se sont regroupés dans différents quartiers de Santiago, dressant par moment des barricades et perturbant ainsi la circulation, résume le journalLa Tercera. « En raison des tensions, plusieurs dizaines de stations de métro ont été de nouveau fermées pour des raisons de sécurité ».

Dans l'après-midi, des dizaines de véhicules et de camions se sont regroupés pour protester contre le montant du péage sur les autoroutes. Non loin de là, des étudiants ont activé des extincteurs à l’intérieur du plus grand centre commercial de Santiago, plongeant le bâtiment dans un épais brouillard, rapporteEl Desconcierto.

Mouvements de contestations en Amérique latine : la réponse répressive des forces de l’ordre

Face à cette vague de contestation sociale en Amérique latine, le quotidien colombien El Espectador se penche aujourd'hui sur la question des violences policières en réponse à ces mouvements. « Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, l'Amérique latine a toujours eu une tradition répressive en matière de maintien de l'ordre et de sécurité », souligne le journal. « Pour cette raison, les Nations unies avaient élaboré, il y a quelques années, un protocole concernant la contestation sociale et les droits de l'homme. Ce texte devait servir les États de cadre de référence dans la réponse à apporter en cas de mouvements de protestation. Cela ne signifie toutefois pas que chaque pays doit se conformer pleinement à ce protocole », souligne El Espectador. « En n'étant pas contraignant, chaque État membre des Nations unies est libre de déterminer comment agir face aux mobilisations sociales ».

Force est de constater que dans les dernières semaines, des organisations internationales ont accusé les différents gouvernements latino-américains d'avoir recours à un usage disproportionné de la force à l'encontre des manifestants. Que ce soit en Équateur, au Chili, en Bolivie ou en Colombie, les plaintes d'ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch ne manquent pas, constate El Espectador. « Sans parler du Venezuela ou du Nicaragua où la répression des manifestants est devenue quasi systématique. Pour contrer cette tendance en Amérique latine, les experts consultés par ce journal affirment qu'il est nécessaire de sensibiliser aux droits de l'homme les agents chargés du suivi des manifestations, de lutter contre l'impunité pour ceux qui les violent et de modifier plus globalement les relations entre la police et les citoyens ».

Haïti : un « cadre budgétaire pour l’exercice 2019-2020 » sera présenté la semaine prochaine

En Haïti le gouvernement démissionnaire a annoncé hier qu’il présentera bien un cadre budgétaire pour l’exercice 2019-2020. Les explications de Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste.

Analyse de Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste

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