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Brésil

Bolsonaro à la présidence du Brésil, une année difficile pour l'environnement

Le président brésilien Jair Bolsonaro le 12 décembre 2019 à Brasilia.
Le président brésilien Jair Bolsonaro le 12 décembre 2019 à Brasilia. REUTERS/Adriano Machado
Texte par : Martin Bernard
4 mn

2019, an I de Jair Bolsonaro au pouvoir au Brésil. Une année également particulièrement difficile sur le front de l’environnement, avec notamment une poussée de la déforestation.

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De notre correspondant à São Paulo,

Quand on pense Brésil et environnement, on pense d’abord à l'Amazonie. Plusieurs alertes ont été lancées cette année, mais Jair Bolsonaro est très sceptique quand on en vient aux questions qui touchent au changement climatique.

Il veut avant tout développer la région grâce aux activités économiques - élevage, activités minières, etc. Son gouvernement a eu une attitude très permissive : les organes de contrôle ont été affaiblis, et la répression des crimes contre l’environnement a diminué.

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La première alerte a eu lieu quand l’Institut national de recherche spatiale (l’INPE), un organe officiel, a fait état d’une forte augmentation de la déforestation, en juin. Une tendance qui s’est poursuivie par la suite.

Les chiffres officiels de la déforestation font état d’une augmentation de 30% sur 12 mois jusqu’en juillet, c'est à dire avant la grande vague d’incendies de forêts. Sur les 11 premiers mois de l’année 2019, les chiffres provisoires de l'INPE font état d’une progression de la déforestation de 84%.

Face aux données officielles qui lui étaient présentées en juin, le gouvernement a très mal réagi. Le chef de l'État a considéré que la divulgation de ces chiffres portait atteinte à l’image du pays.

En fait, dans sa vision militaire, tout ce qui touche à l’Amazonie est une question de souveraineté. Le président de l’INPE, Ricardo Galvao, a été convoqué par Jair Bolsonaro, et quelques jours plus tard, il a remis sa démission.

Mais M. Galvao n'a pas remis en cause les chiffres de la déforestation, et le plus cocasse dans l’histoire, c’est que l'homme qui a tenu tête à Jair Bolsonaro a été choisi par la revue Nature comme l’un des dix scientifiques de l’année dans le monde.

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Dès que quelque chose le contrarie, M. Bolsonaro accuse les ONG. Au mois d’août, une grande vague d’incendies s'est déclarée en Amazonie, et les télévisions du monde entier ont diffusé des images et des messages alarmistes.

Mais le président Bolsonaro a dressé une fois de plus un doigt accusateur contre les ONG, qui auraient elles-mêmes mis le feu à la forêt. Il y a quelques jours, quatre jeunes pompiers volontaires appartenant à une ONG, dans l’État de Para, ont été inculpés pour avoir, selon l’accusation, déclenché un incendie de forêt.

La polémique a aussi pris une dimension internationale, par une série d’invectives entre les présidents Bolsonaro et Macron, après que ce dernier a, en réunion du G7, évoqué « une crise internationale », et accusé son homologue de lui avoir menti.

Une polémique qui a ensuite dégénéré sur les réseaux sociaux, et entraîné une véritable brouille entre Paris et Brasilia. L’Allemagne, et surtout la Norvège, ont par la même occasion suspendu leurs financements à un grand projet de développement durable, le Fonds Amazonie.

À noter que Jair Bolsonaro n’a pas eu des mots très sympathiques envers Greta Thunberg, l’adolescente suédoise devenue un symbole mondial de la lutte écologiste. Il l'a en effet traitée de « gamine ».

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