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Inde / Environnement

En Inde, plus de 25 ans après la catastrophe, des dirigeants de Bhopal condamnés

Des victimes de la catastrophe de Bhopal de 1984 manifestent devant le tribunal où huit personnes sont jugées ce 7 juin.
Des victimes de la catastrophe de Bhopal de 1984 manifestent devant le tribunal où huit personnes sont jugées ce 7 juin. Reuters/Raj Patidar
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Inde, huit ex-patrons et ex-cadres du groupe chimique américain Union Carbide ont été reconnus coupables de négligence dans le plus terrible accident industriel jamais survenu à ce jour : la tragédie de Bhopal en décembre 1984 qui, au total, a sans doute fait plus de 20 000 morts, selon des évaluations médicales. La justice indienne a condamné les ex-dirigeants à deux ans de prison et 2 100 dollars d'amende, le maximum pour la faute de négligence retenue dans ce procès.  

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Deux ans de prison ferme c'est la peine maximum mais il faut préciser que les accusés ont été reconnus coupables de « mort par négligence » puisque l'accusation « d'homicide » avait été abandonnée et requalifiée, en 1987.

Dans ces conditions, ce jugement risque évidemment de raviver le sentiment d'injustice qui accompagne cette affaire depuis le début, depuis la catastrophe survenue dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, lorsque 42 tonnes de pesticides sont entrées en contact avec de l'eau. Le mélange est explosif, il provoque immédiatement un nuage toxique qui s'abat sur la plupart des quartiers. Il fait des milliers de morts et ravage la vie de dizaines de milliers d'habitants de la cité. Aujourd'hui encore, on n'a pas fini d'en établir le bilan.

Ces gens sont condamnés à l'équivalent d'une amende pour infraction routière : c'est une véritable mascarade.

Karuna Nundy, avocate de victimes de la catastrophe de Bhopal

Depuis 26 ans, les procédures judiciaires ont révélé une volonté d'échapper à ses responsabilités, de détourner le cours de la justice, de réduire la gravité des faits,  d'indemniser les victimes a minima... Nombre d'Indiens estiment que leur propre gouvernement les a sacrifiés pour ne pas effaroucher les multinationales étrangères.

Chaque année, le 3 décembre, cet anniversaire est commémoré. Bhopal est désormais un symbole : celui de la première catastrophe industrielle majeure et celui de la valeur qu'on donne à la vie des gens, de ce qu'elle coûte, selon qu'ils sont citoyens du tiers- monde ou des pays riches.

En savoir plus:

Site de la campagne internationale pour la justice dans la catastrophe de Bhopal

Site de Union Carbide

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