Philippines

Benigno Aquino a prêté serment en tant que 15e président des Philippines

Le président philippin prête serment le 30 juin 2010
Le président philippin prête serment le 30 juin 2010 REUTERS/Erik de Castro

Le fils de l'ancienne présidente Corazon Aquino, Benigno Aquino, a prêté serment le 30 juin 2010 en tant que 15e président des Philippines devant des centaines de milliers de personnes à Manille. Benigno Aquino a promis de rendre son pays plus attractif pour les investisseurs étrangers, en luttant notamment contre la corruption, mais aussi en s'attaquant aux mouvements séparatistes musulman et maoïste. Diplômé d'économie, il succède à Gloria Arroyo affaiblie par des rumeurs de corruption et de fraudes électorales.

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Avec notre correspondant à Manille, Sébastien Farcis

Pas moins de 500 000 personnes ont assisté à cette cérémonie populaire d’investiture au centre de Manille, certains venus de l’autre bout de l’archipel. La foule était habillée en jaune, la couleur du clan politique des Aquino. Des grandes bannières étaient déployées pour le féliciter, et des chansons de soutien et d’espoir étaient chantées en chœur.

Dans son discours d’inauguration, Benigno Aquino a fait référence à l’héritage de sa mère, l’ancienne présidente Corazo Aquino qui a restauré la démocratie en 1986, et à sa volonté de poursuivre la même politique honnête et transparente. « Nous pouvons relever la tête, à présent, et rêver à nouveau », a-t-il lancé à la foule.

Sa principale promesse de campagne était de mettre fin à la corruption, après neuf ans d’un gouvernement Arroyo entaché de nombreuses accusations de détournements de fonds publics. Il faut dire que chaque année, c'est environ 20% du budget national qui est perdu à cause de la corruption.

Benigno Aquino a d’ailleurs annoncé la veille, comme première mesure, la création d’une commission « vérité », qui devra résoudre toutes les affaires de détournements du gouvernement précédent. Il lui sera en effet plus facile de s’attaquer aux crimes du gouvernement précédent, que de combattre la corruption dans ses propres rangs.

La délicate réforme doit se faire d’abord au sein de chacun des ministères, auprès des députés et gouverneurs des provinces, des responsables politiques qui ont bénéficié depuis des années de commissions sur les contrats publics. Le nouveau chef d’Etat va devoir affronter tout un système bien établi, ce qui montre bien que cette promesse ne sera pas facile à tenir, et il n’aura que six ans pour le faire.
 

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