Pakistan

L’ampleur des inondations au Pakistan pire que le tsunami de 2004, selon l’ONU

Une famille fuit les inondations, le 9 août 2010.
Une famille fuit les inondations, le 9 août 2010. Reuters/Akhtar Soomro

Un responsable de l'ONU a estimé ce lundi 9 août que les inondations au Pakistan dépassaient par leur ampleur le tsunami de 2004 en Asie. Selon Maurizio Giuliano, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, quelque 13 millions huit cent milles personnes seraient affectées à ce jour par les inondations, les pires de l'histoire du Pakistan.

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Avec notre correspondant à New York, Philippe Bolopion

L’ampleur des inondations au Pakistan dépasse de beaucoup les crises auxquelles l’ONU a dû faire face ces dernières années, qu’il s’agisse du tremblement de terre en Haïti ou du tsunami de 2004 dans l’océan Indien.

Déjà près de 14 millions de personnes ont été affectées par les pluies torrentielles qui s’abattent sur le Pakistan depuis deux semaines. Les inondations ont fait au moins 1 600 morts. C’est beaucoup moins que le tsunami ou le tremblement de terre en Haïti, qui à lui seul a fait, selon le gouvernement, plus de 230 000 morts. Mais l’immensité de la zone géographique touchée, et le nombre total de sinistrés sont sans commune mesure.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, se dit très préoccupé. L’ONU a déjà débloqué des fonds d’urgence et va lancer un appel à l’aide internationale. Mais selon l’organisation, il faut faire beaucoup plus. L’ONU manque notamment d’abris et de bâches en plastique. Livrer l’aide humanitaire est un défi logistique. C’est aussi une urgence politique.

Des pays comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont déjà donné des dizaines de millions de dollars, mais l’aide des mouvements caritatifs islamiques, parfois accusés de liens avec des groupes extrémistes, est plus visible. Et la colère contre le gouvernement gronde.

Première région frappée par les inondations, la Khyber Pakhtunkhwa compte toujours le plus grand nombre de disparus et d'habitations détruites. Des dégâts encore renforcés par les glissements de terrain de ces derniers jours. Même chose dans le district du Swat, où la force des eaux a coupé les principaux accès de communication, la vallée était encore inaccessible aux secours ce lundi 9 août.

Dans le centre-est, ce sont les canaux d'irrigations et les digues qui ont été engloutis. Sept cent mille hectares de terres agricoles sont inondés dans le Penjab, considéré comme le grenier à blé du Pakistan. D'après les Nations unies, c'est toute la capacité agricole du pays qui est compromise pour la saison prochaine.

Depuis ce week-end, même le sud n'est plus épargné, dans la grande province du Sind, des barrages menacent de céder. Plusieurs centaines de milliers de personnes rejoignent les villes à la recherche d'un abris.

Les bulletins météo prévoient de nouvelles précipitations dans les jours à venir, moins importantes que ces derniers jours : un répit pour les organisations humanitaires qui tentent par tous les moyens, parfois même à dos d'âne, d'acheminer l'aide aux sinistrés dans les zones inaccessibles aux hélicoptères, en raison des mauvaises conditions météorologiques.

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