Pakistan

Inondations au Pakistan : la colère des sinistrés contre les autorités

Des réfugiés fuient les inondations, le 16 août 2010.
Des réfugiés fuient les inondations, le 16 août 2010. Reuters/Adrees Latif

Trois semaines après les inondations, les critiques sont extrêmement virulentes à l'égard d'un gouvernement qui semble dépassé par la situation. Pourtant, l'urgence est bien là. Près de 20 millions de personnes sont touchées par cette catastrophe et pas moins de 3 millions et demi d'enfants menacés par les maladies dues à une eau impropre à la consommation. Cette grave crise humanitaire affaiblit encore un gouvernement déjà fortement menacé.

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Avec notre correspondante à Islamabad, Nadia Blétry

Les sinistrés n’ont plus aucune confiance dans les autorités. Ils n’ont toujours pas pardonné à leur président de ne pas avoir écourté ses visites à l’étranger lors des pluies torrentielles qui ont affecté 20 millions de personnes. Mais surtout dans les zones touchées par les inondations, on se plaint de ne pas voir de représentant du gouvernement, et de recevoir très peu d’aide.

La colère est à la mesure du dénuement et de la misère. L’aide internationale tardant à

Il est important de se concentrer sur ce qui nous préoccupe tous : c’est de sauver ces enfants, ces vieillards et toutes ces personnes vulnérables qui sont sous les eaux.

Un appel à la mobilisation

venir, les autorités ont des moyens limités. Et c’est bien ce que leur reprochent les sinistrés qui se sentent abandonnés.

Cette catastrophe naturelle fragilise encore plus le gouvernement civil. Et cette crise pose la question de l’avenir de la démocratie au Pakistan si la population commence à désespérer de sa classe politique. L’armée en revanche, est quant à elle très présente sur le terrain.

On se souvient qu’en 2005, lors du grand tremblement de terre qui avait fait près de 80 000 morts, l’institution militaire était sortie grandie de la crise. Il est possible que comme en 2005, l’armée sorte renforcée de cette nouvelle catastrophe à mesure que le gouvernement civil s’affaiblit.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui revient du Pakistan où il a visité les zones sinistrées par les inondations évoquera cette grave crise humanitaire  le 19 août, devant les représentants des 192 pays membres de l'Assemblée générale.

Imaginez-vous, en une semaine il est tombé 9000 millimètres d’eau, dans une région qui, il y a quelques mois, commençait à être approvisionnée en eau.

Un système d'alerte à revoir

 

Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu

La communauté internationale se mobilise enfin pour secourir les quelque 15 à 20 millions de Pakistanais touchés par les inondations. Après un début qualifié de misérable, la collecte lancée par l’ensemble des organisations humanitaires a désormais réuni 229 millions de dollars auxquels s’ajoutent 142 millions de promesses de dons.

Ces contributions restent cependant très insuffisantes pour répondre aux gigantesques besoins ainsi que l’a précisé l’ONU ce mardi matin à Genève. De plus l’aide expédiée n’a pas encore atteint nombre de victimes en raison essentiellement de la vaste étendue des inondations qui couvrent une surface égale à celle de la Grande-Bretagne.

Le temps presse pourtant, souligne l’Unicef qui dit craindre qu’une nouvelle vague de mortalité vienne frapper les enfants. Les besoins sont énormes en nourriture, en eau, en médicaments, l’OMS redoutant des épidémies alors que des millions d’enfants souffrent de diarrhées.

Pour l’ambassadeur du Pakistan, l’engagement de l’ONU apporte toutes les garanties voulues que les fonds seront utilisés à bon escient.

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