Thaïlande/Russie

Jugé pour trafic d'armes en Thaïlande, Viktor Bout contre-attaque

Alla Bout, l'épouse de Viktor Bout, lors de la conférence de presse ou elle a lu le communiqué de son mari, le 27 août 2010
Alla Bout, l'épouse de Viktor Bout, lors de la conférence de presse ou elle a lu le communiqué de son mari, le 27 août 2010 REUTERS/Chaiwat Subprasom

Viktor Bout, ce quadragénaire russe, accusé d’être l’un des principaux trafiquants d’armes de la planète et emprisonné en Thaïlande, contre-attaque. Deux jours après avoir échappé de peu à une extradition vers les Etats Unis, il accuse ce vendredi 27 août le gouvernement thaïlandais d’avoir voulu l’utiliser à des fins de politique intérieure.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Alla Bout, l’épouse de Viktor Bout, a les mains qui tremblent légèrement alors qu’elle fait face à environ 200 journalistes de la presse thaïlandaise et internationale. «Je suis venue pour lire un communiqué de mon mari», dit-elle, visiblement épuisée par les événements de ces derniers jours. Une cour d’appel a ordonné l’extradition de son époux vers les Etats-Unis. Une décision qui avait fait hurler Moscou. Dans ce communiqué, Viktor Bout accuse le gouvernement thaïlandais d’avoir voulu l’utiliser pour détruire la réputation de l’ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, ennemi juré du gouvernement actuel.

«Un député thaïlandais, conseiller du gouvernement, est venu voir mon mari en prison. Il lui a demandé de lui fournir des informations sur un avion cargo bourré d’armes, saisi à l’aéroport de Bangkok à la fin 2009. Il a demandé à mon mari si les armes transportées dans cet avion cargo pouvaient avoir été achetées par Thaksin Shinawatra. Il lui dit qu’il soupçonnait que l’ancien Premier ministre avait acheté ces armes pour ses amis les Chemises rouges et, grâce à ses relations, avait essayé d’organiser un atterrissage et un déchargement sans accrocs à Bangkok. Mon mari lui a répondu qu’il ne savait rien là-dessus et qu’il ne voulait pas verser dans la fantaisie.»

Alla Bout dit n’avoir aucune confiance dans la justice thaïlandaise. «Les procès ici relèvent de la plaisanterie», dit-elle. Des propos qui ne manqueront pas d’être saisis au vol par les Chemises rouges, opposants au gouvernement de l’actuel Premier ministre Abhisit Vejjajiva.

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