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Sri-Lanka : la presse internationale mise à l'écart

Gotabhaya Rajapak, secrétaire de la Défense du Sri Lanka et responsable des opérations militaires contre les Tigres tamouls, a témoigné devant la « Commission sur les leçons apprises et la réconciliation », le 17 août 2010.
Gotabhaya Rajapak, secrétaire de la Défense du Sri Lanka et responsable des opérations militaires contre les Tigres tamouls, a témoigné devant la « Commission sur les leçons apprises et la réconciliation », le 17 août 2010. AFP/Ishara S. Kodikara

Au Sri Lanka, la BBC a rapporté ce samedi 18 septembre 2010 que ses journalistes n'ont pas été autorisés à assister aux audiences de la commission chargée de prévenir la répétition du conflit. De nouvelles auditions de témoins devaient démarrer aujourd'hui dans l'ancien sanctuaire tamoul du nord du pays.

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La BBC rappelle également qu'elle n'a pas pu assister le mois dernier aux entretiens avec les réfugiés et les présumés anciens rebelles tamouls, toujours retenus dans des camps dans le nord du pays. Aucune explication n'a été fournie pour justifier cette nouvelle interdiction.

Cette nouvelle interdiction intervient dans un contexte de tensions et de soupçons de partialité, entre la communauté internationale et le Sri Lanka. L'objet étant la conduite des opérations de reconquête du territoire contrôlé par la rébellion tamoul au cours des derniers mois du conflit. L'ONU a même créé sa propre structure d'enquête.

Vives critiques à Colombo

L'ambiance est crispée car l'ONU vient tout juste d'installer sa propre commission d'experts chargée d'enquêter sur les violations massives du droit humanitaire lors des derniers mois de la guerre civile, en 2009 au Sri Lanka.

Le quotidien sri-lankais DailyMirror annonce que l'affaire va d'ailleurs donner lieu à un « franche explication » la semaine prochaine à New York, en marge de l'assemblée annuelle de l'ONU, entre le président Mahinda Rajapkse et le secrétaire générale des Nations unies Ban Ki-moon.

L'initiative internationale est vivement critiquée à Colombo. Pour le gouvernement sri-lankais, c'est une tentative de torpiller sa propre initiative, avec l'installation le mois dernier de sa propre commission, « la commission sur les leçons apprises et la réconciliation ».

Une commission non-conforme aux critères internationaux d'impartialité

Cette commission sri-lankaise, de par les conditions de sa création, son domaine de compétence et sa composition, n'est pas conforme aux critères internationaux d'indépendance et d'impartialité. C'est en tout cas ce qu'estiment de nombreux observateurs, à commencer par l'ONU.

Les organisations internationales de défense des droits de l'homme estiment, pour leur part, qu'elle a notamment pour fonction d'exonérer la famille présidentielle des ses responsabilités personnelles, et notamment le frère du chef de l'Etat, ministre de la Défense au moment des faits.

Elle n'aurait donc pas d'autre fonction que de légitimer les conditions dans lesquelles la victoire a été obtenue sur la rébellion tamoule, c'est à dire dans un bain de sang

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