Accéder au contenu principal
CHINE

Le prix Nobel de la Paix interdit dans les médias chinois

Des manifestants devant le ministère des Affaires étrangères à Hong Kong, demandent la libération du dissident Liu Xiabo, le 8 octobre 2010.
Des manifestants devant le ministère des Affaires étrangères à Hong Kong, demandent la libération du dissident Liu Xiabo, le 8 octobre 2010. REUTERS/Bobby Yip

Il fallait s'y attendre, les médias en Chine n’ont pas relayé ce samedi 9 octobre l’attribution du Prix Nobel de la Paix au dissident chinois Liu Xiaobo. Pas une ligne ce matin dans les journaux chinois. Tous les moyens ont été mis en œuvre pour que la population ne soit pas informée de la nouvelle.

Publicité

De notre correspondant à Pékin

C’est un silence tellement assourdissant qu’il suscite les plaisanteries des internautes. Comme il y a 21 ans pour le Dalaï Lama, la grande majorité de la population ne sait toujours pas ce qui s’est passé vendredi à Oslo. Rien dans la presse, rien à la radio et pour ceux qui disposent d’une parabole pour capter les télévisions étrangères, le signal satellite est coupé dans les 4 secondes où le présentateur évoque le nom du dissident.

caricatures d'un blog chinois

Même chose sur internet où les modérateurs des principaux forums ont été invités à faire le ménage dans les commentaires, en supprimant parfois l’accès à certains blogs. Comme à chaque fois en pareil cas, cela n’empêche pas les internautes les plus rusés de contourner la censure avec parfois des moyens étonnants. Des poitrines ont ainsi fleuri samedi matin sur les forums. En effet, en changeant le caractère chinois « Xia » contenu dans le prénom du dissident, « Xiaobo » signifie « petits seins ». Sur le site d’information Sina, Ai Weiwei peut désormais plaisanter sur la « mode des petits seins en Chine ». L’artiste actuellement à Londres avait estimé hier après la remise du Prix qu’il s’agissait du jour le plus heureux pour son pays depuis soixante ans.

Militants interpellés

Impossible, toutefois, de tout censurer. Sur le réseau twitter des messages font état des interpellations de militants qui voulaient célébrer la nouvelle. A Jinan, dans la province du Shandong, un professeur d’université à la retraite a réunis ses amis chez lui pour le dîner. Lorsqu’il est descendu dans la rue allumer des pétards en signe de joie et de victoire, les policiers l’ont immédiatement interpellé. L’homme se trouvait toujours samedi matin selon les internautes dans le commissariat de son quartier.

Des pétards et des feux d’artifices tirés par des militants des droits de l’homme ont encore été signalés près d’un centre commercial de Hu He Hao Te, en Mongolie intérieure. Les réjouissances auraient également été interrompues par les policiers. Les proches du dissident sont désormais très difficilement joignables. Dans la matinée, le message sur le portable de l’épouse de Liu Xiaobo indiquait qu’il n’y avait plus d’abonné à ce numéro. La prison de Jinzhou où est incarcéré le Prix Nobel de la Paix est également entourée par un important dispositif policier. Des journalistes de Hong-Kong qui tentaient de s’en approcher ont été emmenés au commissariat, puis invités à faire demi-tour.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.