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Biodiversité/Nations unies

Conférence de Nagoya: monétiser la nature pour la protéger ?

La conférence de Nagoya veut freiner les projets de bioingénierie
La conférence de Nagoya veut freiner les projets de bioingénierie Chad J. Shaffer/Getty Images
Texte par : RFI Suivre | AFP
4 mn

Un prix pourrait être donné à tous les services rendus par la nature: sans valeur économique pour elle, point de salut ! Les pays signataires de la Convention biodiversité en discutent au Japon. L’ONU tempère également des projets dont le but est de freiner le réchauffement de la planète mais qui auraient une incidence négative sur la vie sur terre….

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Les risques de la géoingénierie

Pour faire face aux problèmes de changements climatiques au niveau mondial, certains chercheurs ont envisagé des réponses technologiques de très grande envergure censées protéger la planète des effets d’une augmentation des températures. Ces techniques dites de géoingénierie proposent par exemple d'agir au niveau planétaire en fertilisant les océans, en ensemençant les nuages, en déployant dans l'espace des milliards de petits miroirs, ou en diffusant des particules de soufre dans la stratosphère pour réfléchir le rayonnement solaire.

Autant de projets qui ne sont, à l'heure actuelle, que des solutions théoriques mais qui pourraient être envisagés dans un proche avenir par certains Etats : ils pourraient se laisser séduire par ces solutions technologiques dans le but de faire valoir leur contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

La conférence de Nagoya a attiré l'attention internationale contre ce type d'initiative. Il s’agit de mettre en garde la communauté internationale face aux dangers de ces projets qui, en impactant l'ensemble de notre planète, pourraient avoir des effets désastreux sur les hommes et leur environnement et donc par voie de conséquence, sur l'ensemble de la biodiversité.

L’étude TEEB dévoilée à Nagoya

Durant cette première semaine de la conférence de Nagoya, l’étude TEEB (Economie des écosystèmes et de la biodiversité) a été présentée aux représentants des pays présents. TEEB encourage les gouvernements à donner une valeur économique aux nuages, aux torrents et à toute la nature qui nous entoure, dans le but de la sauvegarder.

Lancée en 2007, l’étude TEEB (Economie des écosystèmes et de la biodiversité), dont la synthèse a été présentée à Nagoya, doit permettre aux décideurs et aux opérateurs économiques, de comprendre et d’intégrer le coût du service économique que nous rend la nature.

On attend de cette étude qu’elle soit, pour la biodiversité, l’équivalent du rapport Stern. Ce rapport avait eu un fort impact en 2006 : pour la première fois l’économiste américain avait chiffré le coût, pour les économies mondiales, de l’inaction dans le domaine du réchauffement climatique.

Le rapport TEEB espère avoir le même impact, en donnant une valeur économique aux services rendus par la nature. Pour l’auteur de ce rapport, l’économiste indien Pavan Sukhdev, « l’approche TEEB peut réinitialiser la boussole de l’économie et ouvrir une nouvelle ère, dans laquelle la valeur des services de la nature est rendue visible et devient une composante explicite du processus de décision dans le monde politique comme dans le monde des affaires ».

La Norvège a débuté l'évaluation économique de l'état de sa nature

La Norvège a déjà créé un indice qui permet d’évaluer l’état de ses milieux naturels. Oslo le présente comme une première étape avant une éventuelle valorisation économique de « services gratuits » rendus par la nature comme la pollinisation des insectes ou l’expansion des forêts.

Les spécialistes norvégiens ont utilisé plus de 300 indicateurs pour donner une note à leur eau douce, à leurs montagnes et à leurs forêts. Pour ces dernières par exemple, le coût de l’exploitation des massifs a été mis en balance avec la disparition des loups, privés de leur milieu naturel, et la prolifération des cerfs et des élans qui n’ont plus de prédateurs.

Selon plusieurs responsables gouvernementaux norvégiens, la valorisation de la nature pourrait, par la suite, entrer dans le calcul du Produit intérieur brut du pays.

 

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