Chine / France/ Coopération économique

Hu Jintao à Paris : visite d’Etat et gros contrats

Le président chinois Hu Jintao.
Le président chinois Hu Jintao. AFP / Kota Kyogoku

Dès demain, la France va dérouler le tapis rouge, pour accueillir le président chinois Hu Jintao. Le numéro un chinois devrait signer de gros contrats dans les secteurs de l’aéronautique, du nucléaire civil et de l’environnement, mais il sera aussi très certainement question de la « guerre des monnaies » à quelques jours du début de la présidence française du G20, au cœur de laquelle, Nicolas Sarkozy veut placer la réforme du système monétaire international.

Publicité

Il y a quelques semaines, le Premier ministre chinois Wen Jiabao en visite en Europe, ne cachait pas ses ambitions sur le Vieux continent. La Chine, en passe de devenir la première puissance industrielle mondiale, ne restera pas cantonnée à son rôle d’« atelier du monde », mais se positionnera, à l’avenir, comme un acteur  de premier ordre, en « poussant ses pions » en Europe et partout dans le monde, quitte à financer une partie de la dette des Etats aujourd’hui en faillite comme la Grèce. De cette interdépendance nait la puissance chinoise globale dont on rêve à Pékin. Avant même d’atterrir à Paris, Hu Jintao a affirmé qu’avec la France, il souhaitait avant tout « un partenariat d’égal à égal ». La brouille entre Pékin et Paris semble donc bien loin et l’économie française, qui entrevoit tout juste la fin de la crise, compte sur la Chine pour reprendre de l’altitude.

Avec cette visite du président chinois en France, de gros contrats sont notamment attendus par les industriels français

Des Airbus par dizaines  

Même si personne ne souhaite commenter ces contrats avant qu’ils ne soient signés, EADS espère vendre une centaine d'avions de ligne à la Chine. Cette commande potentielle d'au moins dix milliards de dollars est l'un des quelques gros contrats attendus par les entreprises françaises, tandis que des contacts préliminaires pourraient être noués entre la Chine et DassaultAviation en vue d'une coopération dans les avions d'affaires, car les milliardaires se comptentpar dizaines en Chine et ils n’ont pas attendu bien longtemps  pour acheter des « jets » privés aux Etats-Unis…Reste qu’aujourd’hui, quand la Chine achète des Airbus, elle fait aussi tourner sa propre économie car le constructeur européen a dû installer une usine  au  nord de Pékin, où le constructeur local AVIC, assemble des appareils de la famille A320, le best seller du constructeur européen. Vingt-et-un Airbus « made in China » sont  déjà sortis cette année des lignes d’assemblage de Tiajin. Demain Airbus a promis d’acheter en Chine jusqu’à 5% des composants de son futur long courrier, A350, des pièces de haute technologie.

Et la Chine rêve maintenant de voler de ses propres ailes, en fabriquant le C919, un avion qui, à partir de 2016, viendra s’attaquer au « segment » court-moyen courrier monocouloir,   détenu aujourd’hui par Airbus et Boeing avec leur A320 et 737. Lesentreprises françaises espèrent que la visite d'Hu Jintao renforcera leurs chances d'être retenues pour fournir les équipements du C919. Le COMAC (Commercial Aircraft Corporation of China) a déjà sélectionné des moteurs conçus par CFM International, une coentreprise contrôlée à parité entre le français Safran et l’américain General Electric.

Energies nucléaire, fossiles et renouvelables.
 
Dans le secteur nucléaire, la presse économique française s’est fait l’écho de la signature d’un contrat des 3 milliards de dollars avec l’électricien chinois CGNPC. La France s’engagerait alors à fournir une partie de l’uranium nécessaire au fonctionnement des centrales nucléaires chinoises durant 10 ans. Areva, est par ailleurs toujours sur les rangs, pour l’obtention des tranches 3 et 4 de  la centrale de Taishan dans le sud du pays. Le marché porte sur deux centrales de type EPR, des réacteurs de nouvelle génération en cours de mise au point en France. 

Pour sa part le pétrolier Total devrait s'associer au groupe énergétique chinois CPI pour construire une usine de gazéification de charbon, un contrat d'une valeur de 2 à 3 milliards euros. L’accord vient d’être confirmé par la présidence française. Mais Hu Jintao plaide aussi pour élargir la coopération entre Paris et Pékin à de nouveaux domaines, comme l'environnement, et l’économie verte. La Chine a fait ses dernières années, du développement des énergies renouvelable, l’un des ces chevaux de bataille.

Au classement mondial, les trois premières entreprises du secteur du panneau solaire sont chinoises. La Chine a également mis en place le premier parc éolien off-shore d’Asie prés de Shanghai. Les chinois savent produire, en masse, mais – et c’est vrai dans tous les secteurs - ils viennent encore chercher en Europe des savoir-faire dans des secteurs de pointe et des « briques technologiques » qu’ils ne maitrisent pas…Mais pour combien de temps ?  

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail