Cambodge

Après la tragique bousculade au Cambodge, l'heure est à l'enquête

Les cercueils se comptent par centaines, Phnom Penh, le 23 novembre 2010.
Les cercueils se comptent par centaines, Phnom Penh, le 23 novembre 2010. Khem Sovannara

Le Cambodge compte ses morts au lendemain d'un mouvement de foule meurtrier au cours duquel au moins 378 personnes ont été tuées et 755 blessées hier, lundi 22 novembre 2010, dans une bousculade au 3e jour de la Fête de l'eau à Phnom Penh. Depuis ce matin, des centaines de personnes tentent d'identifier les corps dans les morgues installées dans l'urgence alors que les causes de l'accident restent inconnues et une enquête est ouverte. 

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gée

Les habitants de la capitale encore en état de choc. C’est l’incrédulité et la tristesse qui dominent.Comme le disait un habitant de Phnom Penh qui a découvert les images du drame à la télévision : « On ne peut pas imaginer que des personnes soient transformées en nœuds humains impossibles à défaire ! ».

Alors, il y a bien sûr aussi, des questionnements. Est-ce que ce pont était beaucoup trop étroit, au vu des foules qui allaient immanquablement traverser ? En parallèle, une polémique commence à enfler sur la gestion du sauvetage. D’après certaines victimes, les forces de l’ordre auraient aspergé d’eau des gens qui s’évanouissaient sur le pont. Et cette initiative n’aurait fait qu’amplifier la panique.

Sinon des rumeurs courent – rappelons que les Cambodgiens sont superstitieux – et certains pensent que des mauvais esprits ont voulu « prendre des vies ». Il est déjà  arrivé lors des précédents éditions de la Fête de l'eau que des rameurs se noient. Il est vrai que les courses de pirogue constituent le principal spectacle de ces festivités, ce qui n’a pas été le cas cette année.

Ainsi, selon certains, cet esprit maléfique a réclamé des vies à titre de sacrifice. Sinon, ce qu’on peut dire c’est que depuis ce matin, mardi, le lieu du drame voit défiler des cohortes de badauds. Le pont, dont l’accès est fermé, ressemble à un cimetière de chaussures. Et cet après-midi, 500 personnes endeuillées se sont réunies près du pont, pour prier pour l’âme des défunts.

L'enquête a débuté

Sinon, la télévision locale diffuse et rediffuse des scènes de la tragédie ainsi que des scènes dans les hôpitaux. Elles ont aussi commencé à lancer des appels aux dons auprès du public.

Une enquête a été ouverte. Dès aujourd’hui, des enquêteurs mandatés par le gouvernement ont été à pied d’œuvre dans les hôpitaux, pour recueillir les témoignages des rescapés. Un appel à témoin a également été lancé sur les chaînes de télévision.

Sinon, le Premier ministre a annoncé que des familles des victimes recevraient cinq millions de riels, soit 1 230 dollars à titre de compensation. Et par ailleurs, des camions ont été affrétés par le gouvernement pour rapatrier les corps des victimes identifiés originaires de province.

Déjà, des rumeurs de corruption circulent ; des familles se seraient vu demander de l’argent pour les cercueils, ou pour le transport de leurs proches, car maintenant on sait qu’elles ont reçu de l’argent du gouvernement. Elles ont également reçu 1 000 dollars de la compagnie concessionnaire de l’île.

Une réunion a été organisée en fin de journée par le gouvernement sur l’avancée de l’enquête qui ne nous en a pas appris beaucoup plus... Aucune hypothèse n’a été formulée sur les causes de la bousculade.

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