Corée du Sud / Corée du Nord

Corée du Sud: cible de violentes critiques, le ministre de la Défense démissionne

Le ministre sud-coréen de la Défense Kim Tae-young a dû démissioner, le 25 novembre 2010.
Le ministre sud-coréen de la Défense Kim Tae-young a dû démissioner, le 25 novembre 2010. Reuters/Korea Pool

Le ministre sud-coréen de la Défense, critiqué pour la réponse de Séoul aux bombardements de Pyongyang, a présenté jeudi 25 novembre sa démission au président Lee Myung-Bak, qui l'a acceptée. Le gouvernement sud-coréen a été la cible jeudi de critiques acerbes de la part d'une partie de la presse et d'hommes politiques, qui l'accusent de faiblesse face au Nord après le bombardement mardi par la Corée du Nord d'une île sud-coréenne. Les obus nord-coréens ont fait quatre morts.

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Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

Sous le feu des critiques depuis deux jours, il a fini par démissionner. Kim Tae-young a occupé la fonction de ministre de la Défense de la Corée du Sud pendant à peine plus d'un an. Une année terrible, pendant laquelle il aura dû affronter deux des plus graves crises de l'histoire des relations intercoréennes.

En mars dernier, une torpille très probablement envoyée par le Nord envoyait un patrouilleur sud-coréen par le fond, tuant 46 marins. Kim Tae-young, déjà critiqué à l'époque pour sa gestion de la crise, s'est de nouveau retrouvé sur la sellette après le bombardement de mardi, la première attaque du Nord sur le sol sud-coréen depuis la fin de la guerre de Corée.

Les députés de son propre camp ont accusé l'armée du Sud d'avoir réagi beaucoup trop tard. Ils ne comprennent pas pourquoi l'artillerie, pourtant en position de tir, a attendu 13 minutes avant de répliquer au Nord. On reproche aussi à l'armée sud-coréenne de ne pas avoir envoyé son aviation détruire les canons ennemis... qui ont ainsi eu le temps de tirer une deuxième salve d'obus quelques minutes plus tard.

La démission de Kim Tae-young intervient trois jours avant d'importantes manœuvres maritimes conjointes, menées par Séoul et Washington, des manœuvres qui devraient encore faire monter les tensions.

Pourquoi Pékin soutient Pyongyang

Le régime nord-coréen fait ce qu'il se croit autorisé à faire par ses amis et tire parti d'un contexte régional dominé par une montée en puissance des tensions entre voisins pour le contrôle des intérêts vitaux de chacun.

Au cours de ces derniers mois, on a pu observer une multiplication des incidents en mer de Chine, principalement entre le Japon et la Chine. Outre les contentieux historiques qui opposent Tokyo et l'essentiel des capitales riveraines et qui remontent aux guerres de conquêtes impériales du XXème siècle, les Etats entretiennent de sérieux différends territoriaux.

Les capitales de disputent la souveraineté de nombreux îlots dont elles escomptent tirer profit. En mer de Chine aussi, les provocations sont permanentes entre chalutiers et bâtiments des marines nationales. La présence de la puissante armada américaine stationnée sur la zone renforce l'atmosphère de guerre froide, et dans ce contexte, le moindre incident peut aboutir à un dérapage.

Plus que jamais, la Chine se tient aux côtés de son allié. Ses critiques à l'égard de Pyongyang sont modérées. Ses efforts pour ramener le régime nord-coréen à la table des négociations multilatérales sont pour le moins « mesurés » et l'attitude de Pékin finit par trahir une volonté de maintenir un certain niveau de tension régional.

Aujourd’hui, l'administration nord-coréenne traverse une période propice à l'installation et à l'affirmation du pouvoir de l'héritier de la dynastie des Kim. Elle profite d'une atmosphère particulièrement dégradée pour se rappeler au bon souvenir d'une communauté internationale impuissante à lui tordre le bras.

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