Inde / france

A Bombay, Nicolas Sarkozy promet à l’Inde un soutien total contre le terrorisme

Nicolas Sarkozy salue une proche d'une victime des attentats de Bombay, lors d'une cérémonie le 7 décembre 2010.
Nicolas Sarkozy salue une proche d'une victime des attentats de Bombay, lors d'une cérémonie le 7 décembre 2010. REUTERS/Christophe Ena

Nicolas Sarkozy achève ce 7 décembre 2010 à Bombay une visite de quatre jours en Inde. S’il a été question d’affaires dans cette grande métropole économique, le chef de l’Etat français a surtout évoqué la lutte contre le terrorisme, une des priorités de la coopération franco-indienne. Il « n'y aura pas de limites » à celle-ci a dit le président français lors d'un hommage aux victimes des attentats de 2008. Nicolas Sarkozy a aussi appelé les autorités pakistanaises à intensifier leur lutte contre les activistes islamiques.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale à Bombay, Véronique Rigolet

La lutte contre le terrorisme est l’un des aspects cruciaux de la coopération entre la France et l'Inde. « La lutte contre le terrorisme est une question essentielle pour les Indiens qui vivent avec des voisins difficiles » affirme l'un des conseillers de l'Elysée : la Chine avec laquelle les problèmes des frontières ne sont pas entièrement réglés, et le Pakistan ennemi éternel qui « est toujours menaçant », insiste New Dehli.

Nous savons le tribut que le peuple pakistanais paie lui-même au terrorisme.

Nicolas Sarkozy

Ce 7 décembre, le président Sarkozy a décidé d’entamer sa visite à Bombay en rendant hommage aux victimes des attentats de novembre 2008. Le président français a rencontré les familles des victimes, et c’est un soutien total qu’il a promis à l’Inde dans sa lutte contre le terrorisme : « Notre collaboration en matière de lutte contre le terrorisme avec nos amis indiens est sans limites. Quand la ville de Bombay été martyrisée avec 166 victimes dont, je vous le rappelle, deux victimes françaises, la France s’est sentie totalement solidaire de la démocratie indienne ».

Mais Bombay est aussi une étape économique, la deuxième après Bangalore, samedi dernier. Dans une visite où l’on parle tous les jours d’accords commerciaux, l’Elysée a revendiqué 15 milliards d’euros d’accords qui ont été signés ou qui sont sur le point de l’être avec l’Inde, dont 7 milliards pour la fourniture de deux centrales nucléaires.

Ces chiffres : « C’est n’importe quoi » estime quant à lui, Louis Gallois, le patron du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS. Mais au-delà de la polémique, il y a une dynamique nouvelle qui s’est enclenchée entre les deux pays, une relance des échanges commerciaux sur la base d’un partenariat. La France en tout cas, veut prendre toute sa part du nouvel Eldorado indien : 9 % de croissance, des besoins énormes.

Ce mardi après-midi, devant un forum de patrons franco-indiens, Nicolas Sarkozy devrait à nouveau exhorter les entreprises françaises et notamment les petites et moyennes entreprises à venir investir en Inde. « Les Indiens ont envie de France », affirme la ministre de l’Economie Christine Lagarde. La France espère doubler ses échanges à 12 milliards d’euros en 2012. Il faut dire que la France part de très loin avec une part de marché de 1,5% contre 4,5%, par exemple, pour l’Allemagne.

Un vent de scepticisme autour des contrats

Le montant total des contrats conclus ou sur le point d'aboutir s'élève à quinze milliards d'euros. Sept milliards pour la fourniture de deux EPR, au sud de Bombay par Areva et qui devraient être les premiers d'une série de six. En février 2009, un protocole d'accord avait déjà été conclu pour ces deux EPR avec la promesse de quatre autres à venir. Donc, rien de vraiment nouveau concernant le nucléaire civil.

Paris annonce également un contrat de trois milliards d'euros pour Airbus, mais rien de fracassant. Le groupe aéronautique ne vend pas, mais loue tout simplement 14 appareils aux compagnies aériennes indiennes : Air India et Jet Airways.

Concernant le domaine de la défense, là non plus rien n'a été finalisé, même si une source indienne évoque une signature imminente concernant un contrat d'un milliard et demi d'euros pour la modernisation d'une cinquantaine de Mirage 2000 de l'armée de l'air indienne, par Thalès et Dassault.

L'Elysée prévoit également une collaboration portant sur un programme de missiles solaires de courte portée, programme élaboré conjointement avec les Indiens. Si ce contrat venait à se concrétiser, il pourrait rapporter un milliard et demi d’euros.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail