Pakistan

Au Pakistan, l’assassinat du gouverneur du Pendjab révèle une grave faille de la sécurité

Des partisans du gouverneur, devant l'hopital où repose sa dépouille, le 4 janvier 2011.
Des partisans du gouverneur, devant l'hopital où repose sa dépouille, le 4 janvier 2011. Reuters /Faisal Mahmood
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon condamne, ce mardi 4 janvier 2011 au soir, l'assassinat du gouverneur du Pendjab au Pakistan, Salman Taseer. Trois jours de deuil national ont été décrétés par le Premier ministre pakistanais. Salman Taseer s'était notamment opposé à la loi sur le blasphème défendue par de nombreuses organisations islamistes. Il a été tué mardi matin par l'un de ses gardes du corps, ce qui démontre une faille importante dans la protection des personnes publiques.

Publicité

Avec notre correspondante à Islamabad, Nadia Blétry

L’homme qui a assassiné Salman Taseer, le gouverneur de la province du Pendjab, appartient au commando d’élite de la police chargé de protéger les personnalités. Il a tiré à bout portant sur le politicien sur un marché très fréquenté de la capitale.

Selon le ministère de l’Intérieur, Salman Taseer aurait été assassiné parce qu’il s’était récemment prononcé contre la loi sur le blasphème soutenue par les religieux radicaux. C’est en tout cas ce qu’a confessé l’auteur du meurtre, immédiatement après son arrestation.

Si ce motif est avéré, cela signifierait que des éléments radicaux peuvent aisément rejoindre les rangs des forces de l’ordre au Pakistan. Ce qui en dit long sur les failles de la sécurité dans le pays.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que de tels événements se produisent. En 2003, lors des deux tentatives ratées d’assassinat du président Musharraf, il avait été prouvé que des officiers de l’armée de l’air faisaient partie du complot.

Ce mardi, la mort du gouverneur du Pendjab, la plus haute personnalité politique assassinée depuis la mort de Benazir Bhutto il y a trois ans, survient au moment ou le pays vit une crise politique importante : le parti présidentiel dont l’allié principal a rejoint l’opposition n’a plus la majorité au Parlement.

Tout porte à croire qu’avec cet assassinat, l’opinion va vivement critiquer le pouvoir en place pour sa mauvaise gestion de la sécurité. Le Pakistan s’avère une nouvelle fois politiquement instable, alors qu’il est l’un des premiers partenaires des pays occidentaux dans leur lutte contre le terrorisme.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail