Corées

Internet, nouveau champ de bataille entre les deux Corées

Site officiel nord-coréen : www.uriminzokkiri.com
Site officiel nord-coréen : www.uriminzokkiri.com

La Corée du Nord multiplie ses efforts pour être présent sur la toile : le pays a ainsi ouvert depuis quelques mois plusieurs sites web. Lesquels ont été tout récemment piratés par des hackers sud-coréens. Un nouveau champ de bataille entre les deux Corées, sur internet cette fois.

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Le régime nord-coréen cherche à tout prix à couper ses citoyens de toute information provenant du monde extérieur et, en dehors d'une infime poignée de privilégiés, de membres de l'élite, aucun Nord-Coréen n'a accès à internet. Or, depuis quelques mois, la Corée du Nord a multiplié les sites sur le web. Le régime a ainsi ouvert un compte Twitter, un compte youtube. Mais ces sites sont bien entendus destinés à une audience internationale, ils servent à la propagande du pays communiste, qui se surnomme lui-même, le paradis des travailleurs...
Ces sites viennent toutefois de subir une grave attaque. Ils ont été piratés et se sont mis à diffuser un contenu tout à fait différent...

Ci-dessous : une vidéo nord-coréenne diffusée sur le site officiel, avant piratage

Le 8 janvier dernier, une toute autre vidéo fait son apparition ! C'est une animation qui montre le fils et successeur du dirigeant actuel Kim Jong-il conduire une voiture de luxe dans la campagne nord-coréenne, écrasant au passage des Nord-Coréens affamés.
En voici un extrait :

Le piratage a eu lieu le jour de l'anniversaire du fils de Kim Jong-il, Kim Jong-eun. Sur le compte twitter officiel de la Corée du Nord, piraté lui aussi, on a pu lire plusieurs messages appelant à abattre la famille Kim. Le site officiel du régime a lui aussi été détourné.
Derrière ces attaques, un groupe de hackers sud-coréens, des habitués d'un site internet appelé DC Inside. Leur site avait été attaqué par des Nord-Coréens, un attaque dite de «déni de service» qui sature le site. Et ils se sont vengés à leur façon.
En fait, depuis quelques mois, on assiste régulièrement à des attaques de ce type, les informaticiens des deux pays ennemis s'en prenant aux sites web d'en face. Pas plus tard qu'hier, une ONG des droits de l'homme basée à Séoul a déclaré que son site internet avait été saturé par des hackers nord-coréens.

Séoul interdit l'accès aux sites nord-coréens

L’impact de ces attaques est nul, puisque les Nord-Coréens n'ont pas accès à internet. A noter tout de même qu'en Corée du Sud, tous les sites internet du pays ennemi sont bloqués : le gouvernement de Séoul empêche les citoyens d'y avoir accès, en vertu d'une loi datant de la dictature, appelée loi sur la sécurité nationale. C'est en vertu de cette dernière que, régulièrement, des internautes sud-coréens accusés de diffuser de la propagande nord-coréenne sont condamnés et jetés en prison. Ironie de l'histoire : pour attaquer les sites du Nord, les pirates sud-coréens ont évidemment dû les visiter ! Et ce faisant, ils ont violé la loi sud-coréenne. Mais les chances pour que Séoul attaque en justice de tels patriotes sont, bien entendu, extrêmement faibles...

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